Noël Ségura (à droite sur la photo) : « L'occitan est une grande partie de notre culture ».
Noël Ségura (à droite sur la photo) : « L'occitan est une grande partie de notre culture ». — N.GUYONNET / MDS / 20MINUTES

Montpellier

Ils sont venus défendre la langue d'oc

manifestation La signalisation bilingue est menacée par la justice à Villeneuve-lès-Maguelone

« Gardarem lou panels* ! » Villeneuve-lès-Maguelone s'est transformé, hier matin, en symbole de la résistance occitane. Les drapeaux sang et or aux couleurs de l'Occitanie ont inondé le village. On ne parlait qu'une seule langue qu'on n'entend que très rarement : l'occitan.
Plusieurs centaines de personnes, de toutes générations, ont manifesté en soutien au maire Noël Ségura (sans étiquette), condamné par le tribunal administratif de Montpellier à retirer d'ici mardi, les panneaux de signalisation bilingue français-occitan situés à chaque entrée de sa commune.

Des panneaux installés en avril 2009
« Les panneaux restent en place », annonce le maire de Villeneuve-lès-Maguelone. « Je veux gagner le procès et j'irai jusqu'au bout, en cassation s'il le faut », confie celui qui a fait appel de la décision de retrait des panneaux. De nombreux élus locaux, UMP, socialistes et Verts étaient présent lors de cette manifestation, dont deux députés européens. C'est le Mouvement républicain de salut public qui est à l'origine de l'action en justice contre l'affichage bilingue. Selon le tribunal administratif de Montpellier ce double affichage aurait « une fonction ambiguë nuisant à la clarté nécessaire de l'information ».
Plus qu'un combat pour les trois panneaux de Villeneuve-lès-Maguelone, installés en avril 2009, les défenseurs de l'Occitanie veulent « une jurisprudence pour toutes les autres villes car ceux qui ont attaqué Noël Ségura veulent porter la même action ailleurs ». De nombreuses communes de Languedoc-Roussillon, du Pays Basque, de Corse ou de Bretagne affichent leur nom en deux langues aux entrées d'agglomération. Noël Ségura insiste : « On manque de racines. Nous devons faire reconnaître la langue occitane et la défendre puisqu'elle est historiquement la nôtre. C'est notre identité. Elle est minoritaire mais pas moins digne d'intérêt. » La France n'a pas ratifié la charte européenne des langues régionales ou minoritaires de 1992.

culture occitane

En 2006, Noël Ségura, conseiller municipal délégué à la culture occitane; a lancé des contes pour enfants en occitan sur le marché de Noël. Face au succès et aux demandes des Villeneuvois, « on a décidé d'enseigner l'occitan en primaire et au collège. Dans les Calendretes (écoles bilingues français-occitan), on voit que les enfants sont plus éveillés. » La double signalisation français-occitan « était un engagement politique durant ma campagne pour les municipales. Cela a été adopté en bureau municipal ».