l'agglo suspend le projet de centre de stockage à fabrègues

caroline rossignol

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« La voie de la sagesse, c'est de suspendre le site de Fabrègues ». Jean-Pierre Moure, le président de l'agglo a annoncé hier qu'il relançait la réflexion autour du traitement des déchets. Car le projet de centre de stockage, porté par Sita Sud, avait provoqué une bronca des Fabrèguois. Ils craignaient que l'enfouissement des 130 000 tonnes de déchets dans le massif de la Gardiole n'engendre la pollution de la nappe phréatique qu'il recèle. Les riverains, entrés en résistance devant les tribunaux, avaient contribué à bloquer le projet dès son lancement il y a six ans. Mais au delà de l'aspect écologique, il y avait l'argument économique du maire de Fabrègues. La direction de l'usine Schneider ( anciennement Areva ), voisine de la future décharge, menaçait de délocaliser si ce projet persistait. A la clef : 200 emplois. Selon nos informations, le patron de l'entreprise aurait rencontré le préfet mercredi, pour le lui rappeler. Est-ce cela qui a précipité la décision de l'agglo ? Jean-Pierre Moure s'est dit ouvert à « d'autres solutions », mais lesquelles? La fameuse torche à Plasma canadienne réclamée par les Fabrèguois est certes plus écolo, mais loin d'être opérationnelle. Le président de l'agglo joue la carte de... l'usine Amétyst, à Montpellier. « Lorsqu'elle tournera à plein régime, en juin 2011, elle pourra absorber les 30 000 tonnes de déchets actuellement exportés hors du département. » Reste, le noeud du problème : que faire des déchets industriels banals qui, eux, ne sont traités qu'à 25% sur le site de Garosud ? On estime à 400 000 tonnes le volume de résidus générés chaque année dans le département. Mais au 1er janvier 2012, les industriels auront l'obligation de traiter leurs déchets chez eux. Stéphane Leterrier, le directeur de Sita Sud, le sait bien. Il est déjà dans les starting blocks. « Il ne fait aucun doute qu'il faudra créer un autre centre. Nous sommes prêts à chercher de nouvelles solutions ». Quitte à reproposer un projet sur Fabrègues, qui, faut-il le rappeler, avait été choisi parmi 53 sites.