l'espagne en ligne de mire

caroline rossignol

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Ce buraliste craint une baisse de sa clientèle fumeuse.
Ce buraliste craint une baisse de sa clientèle fumeuse. — c.rossignol / mds / 20minutes

La vexation n'en finit pas de grandir, chez les buralistes. L'annonce est tombée il y a quelques jours. La France supprimera au 1er janvier les restrictions à l'achat de tabac dans un autre pays membre de l'Union européenne, sous la pression de Bruxelles qui les estime contraires aux principes de libre-circulation. Les professionnels montpelliérains tremblent de voir une partie de leurs clients les lâcher pour se fournir en Espagne, où les cigarettes sont vendues 30% moins cher. « N'importe qui pourra ramener autant de cartouches qu'il le veut, alors qu'on avait imposé une limite de cinq par personne », explique Marie-Thérèse Dechaume, la présidente de la chambre syndicale des buralistes 34. Et de trancher, cynique : « Ils achèteront leurs cigarettes là bas et viendront se faire soigner en France. »

Crainte du trafic
Mais chez les fumeurs, l'avis est partagé. « Bien sûr, j'irai là-bas. Je n'ai jamais acheté de cartouches en France. En Espagne, si », explique Jean-Philippe. Mais pour Jacqueline, « il faut prendre en compte les dépenses qu'engendrent les deux heures de route jusqu'à la frontière. » Ce que craignent surtout les buralistes, c'est le trafic. « Comment voulez-vous qu'on sache si les achats ne sont pas pour de la revente? », s'agace Marie-Thérèse Dechaume. Alors, pour contre-attaquer, elle suggère que les professionnels remplissent des «fiches-clients ». Autrement dit, un descriptif précis d'un trafiquant supposé, transmis aux services de police. Délation? « Non », rétorque la porte-parole des buralistes, « c'est pour se protéger. On a coincé un routier dernièrement » Quoi qu'il en soit, la profession se dit prête à des actions coup de poing pour faire plier l'Etat .