Le jackpot des Zat

caroline rossignol

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Pendant quatre jours, le cœur d'Antigone a battu pour elles. Les ZAT, ces Zones Artistiques Temporaires, ont célébré le 25e anniversaire du quartier avec trente spectacles contemporains. Une première édition à l'ambiance psychédélique et intimiste. A la tombée de la nuit, des lumières, partout. Le long de l'esplanade, les passants se réchauffent à la chaleur des candélabres. « ça donne de la chaleur, et puis cette jeune femme qui chante de l'opéra là-bas, sa voix arrive jusqu'à nous. J'ai aussi vu un homme suspendu en l'air. On cherche à donner de la vie à ce lieu qui est figé », commente Christiane, 64 ans.
Economiquement, l'expérience a été un jackpot, pour les rares restaurants d'Antigone restés ouverts en ce long week-end. « Par combien j'ai multiplié mon chiffre d'affaires ? J'en sais rien, c'est énorme ! » Luc Soulier, le patron de la Plage Antigone, en sourit encore. « Quand j'ai vu la masse de monde arriver jeudi, j'ai pris deux extras. Pour nous, c'est une super réussite ! » Il faut dire que la ville a misé gros sur la manifestation, à grand renfort de communication. Une audace à 300 000 €. Les ZAT semblent avoir supplanté Quartiers Libres. Reste à savoir si le public suivra dans tous les endroits où elles se produiront jusqu'en 2020. Réponse lors des prochaines ZAT, au printemps, dans les espaces verts de Montpellier.