un toit pour se retaper, au chaud

Caroline Rossignol

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La fierté se lit sur son visage. Amid nous fait visiter la résidence Acala, nouvelle structure de l'Avitarelle pour l'accueil des sans domicile fixe. « Regardez, pour entrer dans mon studio, il faut ce badge. Personne d'autre ne peut entrer », confie ce Parisien d'origine de 46 ans. Voilà six mois qu'il vit ici, dans l'un des 30 studios du centre d'hébergement et de réinsertion sociale, à Près d'Arènes. « C'est propre ici, j'ai une salle de bain avec une douche, un frigo. On dirait qu'on est dans le Concorde ! » Finie, la vie à la dure dans les algécos de la Paillade. Dans la Résidence Acala, le bien-être est devenu le soucis premier. « On sait que l'envie de s'en sortir passe par le moral », confie l'une des éducatrices.

Contrat de confiance
Avec des locaux sous vidéosurveillance, un véhicule à disposition des occupants et la possibilité d'avoir son animal de compagnie avec soi, un contrat de confiance tacite est établi. « Ici, on doit être dans une démarche de réinsertion. On est aidé pour ça. Celui qui ne se bouge pas n'a pas sa place », explique Rémi, 25 ans. Pourtant le pari n'était pas gagné. Le prédécesseur du Préfet Baland, Cyril Shott, aura du batailler ferme pour obtenir de l'Etat les 73 000 € manquant à la réhabilitation des lieux. Quant au voisinage, il s'était dans un premier temps farouchement élevé contre le projet. Aujourd'hui, c'est grâce à lui que les résidents ont une salle informatique : il a fait don de tous les ordinateurs. Le résultat est éloquent. « C'est propre, donc il faut que ça reste comme ça. Il n'y a plus de dégradations », poursuit Rémi. « Et puis, grâce aux chambres individuelles, il n'y a plus d'embêtement. » Il peut désormais se concentrer sur le plus important…son avenir.