Le retrait en question

nicolas guyonnet

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Deux jours après le décès de Georges Frêche, le livre de la maire de Montpellier Hélène Mandroux, intitulé Maire Courage, ne fait pas l'unanimité. Sa sortie est prévue aujourd'hui, jour des obsèques du président de région. Hélène Mandroux a annulé des séances de dédicace. Au sein de son cabinet, « on s'interroge sur un retrait de l'ouvrage des librairies. Certains sont pour, d'autres contre », confie-t-on. En attendant une décision, la maison d'éditions, Au diable vauvert, indique : « La publication est maintenue. Le livre, distribué depuis lundi, reste en vente. » Hier, des élus de la majorité d'Hélène Mandroux n'y étaient pas favorables.

Une vingtaine de pages sur Frêche
Sur Europe 1, Gabrielle Deloncle, conseillère municipale PS, a considéré que Hélène Mandroux « [devait] retirer son livre de la vente. Je trouve déplacé qu'on puisse laisser passer certains termes plutôt durs. » Selon elle, des libraires montpelliérains l'ont enlevé des rayons. L'adjoint Philippe Saurel concède que « le livre est imprimé, livré, et les médias ont déjà publié de larges extraits. Difficile de le retirer. Il ne sera qu'un détail de l'histoire ». Dans son livre préfacé par Martine Aubry, Hélène Mandroux consacre une vingtaine de pages à son prédécesseur, dans lesquelles elle n'est pas tendre : « Il y a du Machiavel dans Georges Frêche. (...) Il a régné par la peur. Il a construit un système de pouvoir fondé sur l'obéissance absolue ». La maire reconnaît qu'il était un homme « intelligent, qui a tant fait pour Montpellier. Je combats les idées et les méthodes, mais je respecte l'homme ». Et de s'adresser à lui : « Georges Frêche, vous avez tort : les Français ne veulent pas le mépris, ils veulent le respect ! Vous avez réveillé cette ville, c'est vrai, mais en méprisant les femmes et les hommes, ses habitants. Aujourd'hui, j'avoue mon erreur : je vous ai cru. J'ai compris que vous bâtissiez non pas pour les autres, mais pour vous même, pour votre gloire personnelle ». Hier, elle se temporisait : « Ce livre n'est pas un règlement de compte. Je rends hommage à Georges. Il reste en librairie, je ne vois pas pourquoi on le retirerait ».N. G.