le client se fait attendre sur notre littoral

caroline rossignol

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Morne atmosphère, sur les quais de la Grande-Motte en cette période de vacances de la Toussaint. Malgré les rayons de soleil qui percent à nouveau le ciel, les touristes se font bien rares sur la côte. Résultat pour les commerçants : un mois d'octobre qui frise la catastrophe. « On a l'impression qu'une bombe atomique a explosé quelque part ! Ils sont où les clients ? », interpelle Pierre Martin, gérant d'une boutique de souvenirs. Son chiffre d'affaire a chuté de 25 % par rapport à la même période, l'an dernier. « Et déjà, en 2009, on avait fait 25 % de moins que l'année d'avant. » « Pour s'en sortir, on n'a pas le choix, il faut se diversifier. On vient d'ouvrir un pôle presse en plus. Les souvenirs, ça ne rapporte plus assez », commente sa compagne, Gabrielle.

Rideaux baissés
Quelques-uns ont carrément fermé boutique, quand d'autres prennent leur mal en patience. A l'image de Brice, responsable d'un magasin de vêtements. « Je pense que ça va être très dur, ce mois-ci. Entre la baisse de température et la crainte de pénurie d'essence, les gens sont réticents à descendre et ils ont raison. » Il faut dire qu'à la même époque, l'an dernier, le tee-shirt était encore de rigueur sur la plage. Quant au contexte social, il n'arrange pas les affaires des commerçants. « On est tous très en colère », explique Jacques Mestre, le président de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière dans l'Hérault. « Même les gens du coin annulent au dernier moment. Qui a envie de tomber en panne d'essence pour aller au restaurant ? » Lui-même a décidé de fermer son restaurant hier, puisque son voisin, lui, ouvrait. « Mercredi, on fera l'inverse. Comme ça chacun capte le peu de clients qu'il y a. » Quant aux livraisons de produits frais, « les fournisseurs ont prévenu qu'ils ne pouvaient pas prévoir les grèves. Il y a des camions bloqués à Rungis, à Paris. » Alors certains restaurateurs font le plein plus que de raison lorsqu'ils sont livrés. Des vacances au goût décidément amer. Pour tout le monde.

en chiffres

Selon l'Umih, il faut s'attendre à une baisse de fréquentation de touristes de l'ordre de 30 à 50 %, notamment sur le littoral et l'arrière-pays, à période équivalente en 2009. Plus spécifiquement, l'hôtellerie repique du nez après avoir connu une hausse de fréquentation de 5 % en juin par rapport à juin 2009. Elle avait alors retrouvé un niveau d'activité équivalent à 2008, avant la crise. Pour autant en 2010, le rythme de croissance de l'industrie hôtelière en région est égal à celui de PACA, + 6 %.