La très forte mobilisation d'hier

caroline rossignol

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« C'est une manifestation sans égal à Montpellier depuis vingt ans ! » scandait hier la CGT à l'arrivée du cortège au Corum. 70 000 manifestants selon les syndicats, 12 000 selon la police. Des agents de sécurité qui avouaient pourtant eux-même qu'à l'arrivée des premiers contestataires Place de la Comédie, la queue du défilé n'avait toujours pas quitté le point de départ, Rives du Lez. Trois kilomètres de cortège, donc.

Ras-le-bol général
Car la colère semble monter d'un cran à Montpellier, depuis la dernière manifestation, le 2 octobre. Les syndicats avaient alors comptabilisé 60 000 personnes, la police, 13 000. « La retraite, c'est le thème phare», explique une salariée du public de 48 ans, « il y a un mécontentement général : retraite, chômage, gouvernement... » Bruno, 53 ans va plus loin. « Etre bon enfant, ça a ses limites. S'il ne se passe rien, il faudra trouver autre chose. »

Les lycéens entrent dans les rangs
Un peu plus loin, Laure, 17 ans, élève au lycée Joffre à Montpellier. Pour sa première manifestation, elle n'a pas suivi ses camarades syndiqués en queue de cortège. Elle marchait devant, aux côtés de retraités et de salariés du public. « Notre génération sera confrontée à encore plus de chômage si les gens travaillent plus tard. » Inédit, selon Patrick Dhainaut, de la CGT 34. « Depuis la rentrée, on les voyait mélangés au cortège, mais là, leur mobilisation n'a rien à voir. Il y a une prise de conscience. » Adèle, 15 ans, avoue d'ailleurs que jusqu'à présent, la retraite, elle s'en « foutait ». La vague de mécontentement semble bel et bien gonfler et les syndicats sont décidés à surfer dessus. Prochaine manifestation prévue samedi, à 14h30.