une mosquée financée par les fidèles : la clef de la laïcité

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« Il me parait évident qu'il faut une véritable mosquée ». Hélène Mandroux a annoncé hier qu'elle lançait un comité de réflexion sur l'épineux dossier. « On ne comprend plus rien à la position du maire. Il y a un an, elle nous a demandé de transformation notre association Franco-marocains loi 1905 en association cultuelle de 1901 pour débloquer un bail de 99 ans », soupire Lhoussine Tahri, qui gère la mosquée de la Paillade à Montpellier. « On était sur le point de signer quand le cabinet du maire a changé. Depuis, ça bloque. Ce que l'on veut maintenant, c'est que la ville nous laisse gérer la construction d'une mosquée ou l'agrandissement de notre salle actuelle. » Depuis fin août, les dons de fidèles affluent. 156 000 € ont d'ores et déjà été récoltés. « Montpellier est un cas d'école », explique Lydie Fournier, docteur en science politiques à Montpellier. Car la mosquée de la Paillade est en fait une salle polyvalente municipale construite en 2004 par le maire de l'époque Georges Frêche. Ce qui est anticonstitutionnel. Pour la spécialiste du fait musulman, « dans un système laïc, les responsables religieux ne doivent pas être inféodés aux politiques. Dans le cas présent, s'ils ne respectent pas certaines clauses du bail, ils peuvent se faire sortir. La communauté est dans son droit lorsqu'elle demande qu'on la laisse gérer le projet. »C.R.