Montpellier : Propreté, sécurité, accessibilité… Les sujets qui fâchent les commerçants du centre-ville

SHOPPING La chambre de commerce et d’industrie (CCI) a remis au maire, Michaël Delafosse, un livre blanc des doléances des commerçants de l’Ecusson

Nicolas Bonzom
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Des clients, devant un magasin de chaussures, à Montpellier (illustration).
Des clients, devant un magasin de chaussures, à Montpellier (illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse

Comment booster le commerce, dans le centre-ville de Montpellier (Hérault) ? Confrontés à des vagues de manifestations, aux zones périphériques et à l’essor des achats en ligne, les commerçants souffrent, dans l’Ecusson. La chambre de commerce et d’industrie (CCI) a remis au maire, Michaël Delafosse (PS), un livre blanc de leurs doléances. 20 Minutes détaille les sujets qui fâchent.

La propreté

Dans l’enquête réalisée par la CCI sur la perception des commerçants du centre-ville de Montpellier, la propreté des rues et la collecte des déchets posent problème. Les dépôts d’ordures ou d’encombrants au pied des immeubles les font bondir. « Il faut absolument associer les commerçants dans le déploiement d’une nouvelle gestion du tri des déchets », confie André Deljarry, le président de la CCI de l’Hérault.

« Nous avons consacré, juste après mon élection, 500.000 euros supplémentaires, rien que sur la propreté de l’espace public, présente Michaël Delafosse. Il y a du boulot. Parce que les gens jettent n’importe où, n’importe comment. Et parfois, quelques commerçants. Nous allons sévir. C’est 1.500 euros la prune. Elle tombera. » Sur le tri des déchets, l’élu souhaite en augmenter la capacité, mais aussi multiplier les points d’apports volontaires, « esthétiques », pour ne pas dénaturer les rues.

La sécurité

La CCI pointe les manifestations, « qui plongent le consommateur dans une méfiance désormais ancrée », ainsi que « les différentes incivilités et agressions » auxquelles les commerçants font face. Les différentes associations se plaignent de la présence de personnes ivres et de marginaux, sur le Jeu-de-Paume ou dans la rue de l’Aiguillerie, ou de points de deal à Figuerolles ou sur le faubourg du Courreau.

« Depuis plusieurs mois, nous avons mis en place un véritable dispositif d’échanges entre la police nationale, la police municipale et la CCI, ce qui n’avait jamais été fait auparavant, se réjouit toutefois André Deljarry. Cela nous permet d’être très réactifs. Il faut aller plus loin, notamment sur les points de deals, les squats ou les marginaux. »

Michaël Delafosse égrène les mesures qu’il a prises, depuis son élection, en 2020 : un meilleur accueil des mineurs isolés, la multiplication de la présence de la police municipale en ville, sa coordination inédite avec la police nationale, ou l’attribution de 30 policiers nationaux de plus. S’il « reste beaucoup à faire », note l’élu, cette année, il y a eu « une baisse de 37 % des délits de voie publique dans l’Ecusson ».

L’accessibilité

En vélo ou à pied, fastoche d’accéder à l’Ecusson. Mais les commerçants rouspètent quant à l’accessibilité du centre-ville en voiture. Il faut, indique la CCI, bosser sur une signalétique plus claire. Le maire y planche, à l’échelle de la métropole, « pour dire où est le cœur battant, comment y accéder ». Et il ne faut pas, poursuit la CCI, « opposer les modes de déplacement, mais les optimiser les uns par rapport aux autres ».

La voiture ? Si l’heure est plutôt aux mobilités douces, la CCI assure qu’elle demeurera « indispensable », notamment parce que 30 % des clients habitent hors de la métropole. La voiture, note Michaël Delafosse, c’est « une option de mobilité parmi d’autres. Il y a des gens qui ont besoin de leur voiture. » Certes, « on ne fera pas des 2×3 voies pour accéder au centre-ville », confie-t-il. Mais sa mesure phare, c’est la suppression du trafic de transit dans le centre-ville. Avec la fermeture prochaine du tunnel de la Comédie pour ces véhicules indésirables qui paralysent le centre-ville. Il restera toutefois « accessible pour permettre aux gens d’emmener leur voiture dans le centre-ville ».

L’animation

Pour la CCI, organiser des animations est « un pilier majeur pour faire revenir les chalands » dans le centre-ville. Et elles ne doivent pas, poursuit la chambre consulaire, être organisées aux mêmes endroits (sur la Comédie, sur l’esplanade ou au Peyrou), « au risque que les retombées pour le tissu commercial ne soient que limitées ». Des animations, il y en a : la braderie du Grand Bazar, les festivités de Noël… Mais il en faut plus, pour la CCI. « Il faut que l’on fonctionne comme un grand centre commercial à ciel ouvert, note André Deljarry. Il faut des animations, mois par mois, avec des thèmes. »

Au prochain conseil municipal, confie le maire, sera votée une enveloppe de 100.000 euros pour les associations de commerçants, qui veulent organiser des événements. « De la fanfare, du théâtre de rue, etc. Des choses qui amènent de la vie », note l’élu.