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ENCHERESUn masque qui dormait dans un grenier depuis 100 ans estimé à 500.000 euros

Montpellier : Un masque africain, qui dormait dans un grenier depuis 100 ans, estimé à 500.000 euros

ENCHERESCet objet rare, « destiné à effrayer les gens », sera mis en vente samedi à Montpellier
Le masque traditionnel africain mis en vente à Montpellier
Le masque traditionnel africain mis en vente à Montpellier - N. Bonzom / Agence Maxele Presse / Agence Maxele Presse
Nicolas Bonzom

Nicolas Bonzom

L'essentiel

  • Samedi, l’hôtel des ventes de Montpellier mettra aux enchères un masque africain, estimé entre 400.000 et 500.000 euros. Mais il pourra être vendu beaucoup plus cher.
  • Ce masque Fang, qui avait un rôle de justice, a été découvert dans un grenier, non loin de Montpellier, où il n’a pas bougé depuis les années 1920.
  • C’est, pour les spécialistes, une découverte majeure pour l’histoire de l’art.

«Alors ça, c’est extraordinaire ! » Dans la salle des expositions de l’hôtel des ventes de Montpellier (Hérault), les petits yeux plissés et la grande barbe de ce masque africain subjuguent les visiteurs. « Incroyable ! », s’exclame un marchand d’art. Samedi matin, cet objet centenaire sera mis aux enchères​, à l’occasion d’une vente de prestige dont il sera la figure de proue. Il est estimé entre 400.000 et 500.000 euros.

Mais il pourrait partir beaucoup plus cher encore. « Au regard des amateurs nationaux et internationaux qui s’y intéressent, nous pouvons espérer un engouement certain », se réjouit Bertrand de Latour, commissaire-priseur à l’hôtel des ventes de Montpellier, qui croule sous les coups de fil, depuis l’annonce de cette vente exceptionnelle. Depuis près d’une centaine d’années, ce masque Fang, issu de l’art traditionnel du Gabon, dormait dans un grenier, dans une maison, non loin de Montpellier. « Il était conservé avec les affaires militaires du grand-père, il n’a jamais bougé », confie Bertrand de Latour.

« Il était destiné à effrayer les gens »

Grâce à l’appui d’experts des arts anciens africains, les commissaires-priseurs de l’hôtel des ventes de Montpellier ont pu retracer l’histoire de ce long masque en bois qui est, malgré le poids des années, dans un état épatant : il a été sculpté à la fin du XIXe siècle, puis acquis au Gabon entre 1917 et 1918 et rapporté par le gouverneur René-Victor Edward Maurice Fournier, dans la maison familiale, dans les années 1920.

« Ce masque avait un rôle de justice, il était destiné à effrayer les gens », qui avaient commis des exactions, note Bertrand de Latour. « D’où son teint blafard », dû à l’utilisation du kaolin, une roche blanche. Et ils sont rares. D’abord « parce qu’il y en avait peu », un seul pour plusieurs villages. Et « parce que ce masque était lié à la personne qui incarnait ce pouvoir. Donc, il disparaissait avec cette personne », poursuit-il.

Le masque traditionnel africain mis en vente à Montpellier
Le masque traditionnel africain mis en vente à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

Ce masque, dont on ne connaît l’existence que d’une dizaine d’exemplaires dans le monde, est d’une grande importance, « dans l’histoire de l’art de l’Afrique équatoriale atlantique, mais également dans l’histoire de l’art tout court », note Bernard Dulon, expert en arts anciens africains et galeriste à Paris. « C’est une œuvre d’exception, particulièrement rare, digne des plus prestigieuses collections », assure Louis Perrois, chercheur et ethnologue, spécialiste des cultures anciennes d’Afrique. Bon nombre d’artistes, au XXe siècle, s’en sont d’ailleurs inspirés. Notamment Modigliani ou Picasso. En 2006, l’un d’eux s’est envolé pour 5,750 millions d’euros, à l’hôtel Drouot, à Paris.

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