Montpellier : Chez Ady, les ventes de machines à coudre explosent avec le Covid-19

COUTURE Le leader de la vente en ligne de machines à coudre a vu son chiffre d’affaires s’envoler

Nicolas Bonzom
— 
Roch Fernandez et Claude Lestocard, les patrons d'Ady.
Roch Fernandez et Claude Lestocard, les patrons d'Ady. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Ady, leader français de la vente en ligne de machines à coudre et à broder, connaît, depuis le début de l’épidémie de Covid-19, un essor considérable.
  • Les premiers mois de la crise, son chiffre d’affaires a été multiplié par cinq, voire six.
  • Mais ce n’est pas un effet de mode, assure le duo à la tête de l’entreprise, qui a embauché neuf personnes depuis le début de l’épidémie de Covid-19.

Ady a tiré son épingle du jeu. Cette entreprise occitane, leader français de la vente en ligne de machines à coudre et à broder, connaît, puis le début de l’épidémie de  Covid-19, un essor considérable. Si le « Do-it-yourself » est dans l’air du temps depuis bien avant la crise, le virus a fait bondir le secteur : les trois premiers mois de la pandémie, à partir du printemps 2020, le chiffre d’affaires de cette société, née il y a une quarantaine d’années dans la rue des Etuves, à  Montpellier (Hérault), a été multiplié par cinq, voire six, se réjouissent Roch Fernandez et Claude Lestocard, les patrons. Sur l’ensemble de l’année 2020, leur chiffre d’affaires a doublé.

« On a toujours été en progression depuis le lancement de notre site Internet [Coudreetbroder.com] en 2003, confie Roch Fernandez. Mais quand est arrivé le premier confinement, ça a été fulgurant. » C’est la pénurie de masques qui a d’abord poussé les Français à sortir la vieille machine à coudre du grenier. Mais aussi, à s’équiper. « Certains ont acheté leur première machine, d’autres se sont rééquipés, avec quelque chose de plus performant », explique Claude Lestocard.

« On a énormément anticipé »

Jusqu’à ce que le marché mondial de la machine à coudre subisse une véritable pénurie. Mais chez Ady, on avait senti cet engouement arriver. « On a énormément anticipé », reprend Claude Lestocard. Quand l’Etat a commencé à évoquer l’intérêt des masques pour lutter contre le Covid-19, « ça a vraiment explosé, se souvient l’entrepreneur. Là, tout de suite, on s’est dit qu’il fallait acheter, acheter, acheter. » Les commandes ont afflué, à Saint-Jean-de-Védas, où l’entreprise a déménagé son showroom. « Même le transporteur nous limitait ! A dix palettes par jour. On ne pouvait pas envoyer toutes les commandes ! », se souvient Claude Lestocard.

Et ce n’est pas un effet de mode, assure le duo à la tête d’Ady. « C’est quelque chose de très profond », qui répond, aussi, à la volonté écologique de réparer ou de transformer, plutôt que de jeter, assure Roch Fernandez. D’ailleurs, parmi les clients d’Ady, il y a de nombreux jeunes. Pas seulement des personnes âgées. Pour répondre à la croissance du marché, l’entreprise a embauché 9 personnes, et en emploie désormais 27.

Rue des Etuves, où Ady est né, Marie-Pierre Fourestier, la gérante de la boutique La mercerie, confirme ce « boom » de la couture. Depuis de très longs mois, femmes et hommes, dit-elle, se pressent dans son magasin pour acheter de la laine, du tissu, des fils, des boutons ou des aiguilles. Et pas de doute, ça va durer. « On a besoin de fabriquer des choses avec ses petites mains, confie Marie-Pierre Fourestier. Ça a commencé parce qu’on a dû faire nos masques nous-mêmes. Tout le monde a ressorti sa machine à coudre, et s’est dit "Tiens, c’est pas mal. C’est même super !" On a ressorti nos vieux ouvrages de couture du placard, et on s’y est remis ! ».