Montpellier : Au Tea Dog, trois toutous assurent la « câlinothérapie » des clients de ce salon de thé

WOUAF Ce bar à chiens de Montpellier est le deuxième en France, après celui qui a ouvert à Lille

Nicolas Bonzom
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Au Tea Dog, à Montpellier
Au Tea Dog, à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • A Montpellier, le Tea Dog est un salon de thé canin, qui héberge trois chiens. Et bientôt un quatrième pensionnaire, qui sera disponible à l’adoption.
  • Dans l’établissement, il y a évidemment quelques règles à respecter : malgré leurs regards de braise, on ne donne strictement rien à manger aux toutous. Même un petit bout. Et on peut les caresser, bien sûr, mais on y va en douceur.
  • Il faut, bien sûr, sortir les toutous : au cours de la journée, un pet-sitter vient régulièrement les chercher, pour leur faire faire une petite balade.

« Câlin, je te vois ! » Affairée à préparer un thé, Déborah Muroni, la créatrice du Tea Dog, garde un œil sur son toutou, qui tente, non sans mal, de grimper sur une chaise. « Câlin, il a 13 ans, il a été abandonné trois fois, confie la gérante. Il est très anxieux. Pour le calmer, il faut se mettre debout, et il se glisse entre les jambes. » Cette Montpelliéraine a ouvert le premier salon de thé canin de la ville, tout près des halles Castellane. On y sert des croque-monsieur, des salades et des gâteaux faits maison. Et Câlin, et ses copains Néïa et Zouk, assurent la « câlinothérapie ».

« Aujourd’hui, si l’on veut travailler avec les animaux, c’est assez compliqué, les places sont chères. Il faut le faire soi-même, reprend Déborah Muroni, qui a été salariée dans une pension canine, assistante vétérinaire et bénévole à la SPA de Montpellier, avant de créer son entreprise, en pleine crise sanitaire. J’ai vu qu’il n’existait qu’un seul salon de thé canin, à Lille. Je me suis dit que je serai le deuxième. »

« On interagit avec les autres personnes, car quelque chose nous réunit »

Comme pour les bars à chats, qui sont encore deux à Montpellier, le concept permet aux amoureux des bêtes, qui n’ont pas la possibilité d’en adopter pour des raisons de place, d’argent ou de temps, de passer un petit moment en leur compagnie. « C’est un plus, par rapport aux cafés classiques, confie Ash, une cliente fidèle du Tea Dog. On interagit avec les autres personnes, car quelque-chose nous réunit. Alors que dans un bar ordinaire, c’est chacun de son côté. » L’idée est, aussi, d’aider les toutous. Si le café n’accueille aujourd’hui que des chiens qui appartiennent à la gérante, il hébergera bientôt un nouvel animal, disponible à l’adoption. Il sera toutefois rigoureusement casté, pour évaluer si son comportement est compatible avec un tel concept.

Au Tea Dog, à Montpellier
Au Tea Dog, à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

Mais si, dans les bars à chats, les pensionnaires vivent volontiers leur vie, comment gère-t-on les chiens, dans un tel café ? Sur les tables, l’établissement de la rue des Trésoriers de la Bourse expose les règles à respecter. D’abord, malgré leurs regards de braise, on ne donne pas à manger aux toutous. Chacun sa gamelle. « Les chiens ont une alimentation spécifique, et de plus, certains aliments sont toxiques pour eux, alors on tient bon, prévient une petite affichette. Même un petit bout, on vous a vu ! »

Et oui, on peut les caresser, bien sûr. Mais on y va en douceur, et « on évite de les réveiller, s’ils dorment », sourit Déborah Muroni. Il faut aussi, évidemment, les sortir. « Le matin et le soir, je m’en occupe. Mais quand le salon est ouvert, ils ne peuvent pas rester de 11 heures à 19 heures enfermés. J’ai un pet-sitter, qui prend le relais, et qui les sort, un par un. » Mais « les accidents, ça arrive », reprend la Montpelliéraine. Si l’un des toutous s’oublie, « j’ai fait mon sol en fonction », note Déborah Muroni, en pointant le parquet de son café. Et si un toutou n’est pas dans son assiette, il y a « une pièce qui ferme. Si je considère qu’un chien en a besoin, je peux l’isoler. »