Montpellier : Les terrasses sous surveillance, un nouveau règlement provisoire voté en conseil municipal

RESTAURATION Le conseil municipal a adopté un nouveau règlement provisoire pour encadrer la taille des terrasses. Et diminuer fortement les espaces autorisés aux futurs entrants sur le marché

Jérôme Diesnis
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Une terrasse, place de la Comédie à Montpellier (illustration).
Une terrasse, place de la Comédie à Montpellier (illustration). — VWPics/SIPA
  • Le 30 juin, les extensions des terrasses, autorisées pour aider les commerçants à surmonter la crise économique du Covid-19, ont pris fin.
  • Un mois plus tard, le conseil municipal a voté un nouveau règlement qui prévoit, pour les futurs acquéreurs ou pour les nouveaux entrants sur le marché, une proportionnalité entre les surfaces extérieures (sur la voie publique) et intérieure des commerces.
  • Les professionnels évoquent une perte de valeur de leurs affaires à la revente et s’inquiètent des conséquences de cette décision présentée comme provisoire par la municipalité.

Au 30 juin, l’extension des terrasses a pris fin à Montpellier. Autorisée pour permettre aux professionnels du secteur des bars et de la restauration de compenser en petite partie la chute de leurs chiffres d’affaires, cette autorisation « n’avait pas lieu d’être prolongée », souligne Sébastien Cote, adjoint à la protection de la population et la tranquillité publique

Si d’autres villes ont fait le choix inverse, l’idée, ici, n’était pas dans l’air. Au cœur de l’été, le conseil municipal a adopté le principe d’une révision provisoire du règlement des terrasses et des étalages. Elle prévoit la proportionnalité entre surface des terrasses (sur le domaine public) et l’intérieur des établissements, « uniquement pour les nouveaux commerces où lors de changements de propriétaires », souligne Sébastien Cote, adjoint à la tranquillité publique.

« Il n’y aura pas d’effet rétroactif », promet l’adjoint au maire

Même si l’élu prend soin de préciser « qu’il n’y aura pas d’effet rétroactif pour les commerces actuels », la décision fait grincer des dents du côté des professionnels. « Les touristes viennent dans le sud pour profiter du soleil. Si on supprime les terrasses, on supprime notre outil de travail, s’agace Jacques Mestre, président de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) 34. On sort d’une période extrêmement compliquée avec des prêts à rembourser. Si les professionnels souhaitent vendre, qui voudra racheter des affaires dévalorisées ? »

La municipalité le promet : elle fera preuve de discernement. « On ne va pas faire la guerre aux commerçants, explique l’élu. D’ailleurs, l’objet principal de cette délibération n’était pas tant la limitation de la superficie des terrasses que de lutter contre les étalages abusifs devant les commerces, et de toiletter un règlement qui date de 2012. On souhaite revenir à une taille des terrasses adaptées aux quartiers. Mais aussi harmoniser le mobilier vers plus d’esthétisme. Sur les Champs-Elysées les commerçants ne peuvent pas faire n’importe quoi. Ce sera pareil sur la Comédie ».

« Grâce au tourisme, les impôts n’augmentent pas »

Des réunions sont prévues pour rythmer l’année 2022 avec les représentants des commerçants, la CCI, les riverains et autres associations de quartiers. Avec, pour Sébastien Cotte, une ligne directrice : « garantir l’attractivité de la vile mais aussi la sécurité. Les véhicules de sécurité doivent pouvoir partout y compris en centre-ville. Nous devons aussi veiller à la tranquillité des riverains, Montpellier n’est pas un bar à ciel ouvert. L’espace public n’a pas à être privatisé… »

Des mises en garde entendues par Jacques Mestre, qui lui aussi, a un message à faire passer : « Nous vivons du tourisme. Avec ce tourisme, nous aidons à ce que les impôts n’augmentent pas. Les différentes taxes ne vont pas dans nos poches mais dans celles de la collectivité. Je suis persuadé que le maire a bien conscience de notre importance dans l’économie de la ville ».