Coronavirus dans l'Hérault : Le département est sous le seuil d'alerte, mais la menace est toujours là

EPIDEMIE Depuis plusieurs semaines, les mesures sanitaires ont été considérablement allégées dans le département, notamment sur le port du masque

Nicolas Bonzom
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Le port du masque n'est plus obligatoire à l'extérieur dans l'Hérault, sauf dans les lieux bondés (Illustration)
Le port du masque n'est plus obligatoire à l'extérieur dans l'Hérault, sauf dans les lieux bondés (Illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Après un été dans le rouge écarlate, le taux d’incidence du Covid-19 dans l’Hérault est repassé, depuis la fin du mois de septembre, sous le seuil d’alerte de 50.
  • Dans les hôpitaux, la pression a diminué : lundi, 22 patients étaient hospitalisés au CHU de Montpellier pour Covid-19, dont 15 en soins critiques.
  • Mais la menace est toujours là. Selon le professeur Jacques Reynes, il y a un levier essentiel pour éviter une reprise de l’épidémie : la vaccination. Une première dose pour ceux qui n’ont jamais été vaccinés et le rappel pour les autres.

Lundi, dans l'Hérault, le taux d’incidence du Covid-19 était de 43 cas pour 100.000 habitants, sur les 7 derniers jours. Après un été dans le rouge écarlate, le chiffre est repassé, depuis la fin du mois de septembre, sous le seuil d’alerte de 50.

Devant la baisse des indicateurs, la préfecture de l’Hérault a allégé considérablement, ces dernières semaines, les mesures sanitaires : le port du masque n’est plus obligatoire, depuis samedi, dans les établissements recevant du public, les lieux et les évènements dont l’accès est soumis au pass sanitaire, sauf si l’exploitant ou l’organisateur l’exige. Dans les écoles, on a tombé le masque, aussi. Et à l’extérieur, il n’est plus imposé, sauf dans les lieux bondés. Dans les hôpitaux, cette baisse des indicateurs a diminué la pression sur les services. Lundi, 22 patients étaient hospitalisés au CHU de Montpellier pour Covid-19, dont 15 en soins critiques.

« Les personnes doivent avoir un taux d’anticorps élevé »

Mais dans l’Hérault, peut-on rapidement repasser, comme la Lozère, au-dessus du seuil d’alerte ? Pour Jacques Reynes, le responsable du département des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Montpellier, il y a un levier essentiel pour éviter une nouvelle flambée de l’épidémie : la vaccination contre le Covid-19. Il faut, indique le professeur, « parvenir à vacciner ceux qui ne l’ont jamais été, parmi la population fragile, les personnes de plus de 65 ans et de plus de 50 ans avec des comorbidités ». Et que les personnes qui ont été vaccinées au tout début de la campagne, « et qui ont dépassé les six mois après la dernière injection », fassent une nouvelle injection.

« Le danger, poursuit le professeur montpelliérain, c’est que dans les quatre mois qui arrivent, au moment où l’immunité s’émousse », l’épidémie reprenne de plus belle. « Car avec le variant Delta, les personnes doivent avoir un taux d’anticorps élevé, note Jacques Reynes. Si les gens ne viennent pas en masse dans les centres de vaccination, nous risquons d’être en difficulté. Ce ne sera pas brutal, mais progressif. » D’autant que « beaucoup de gens ne portent pas correctement le masque ». Le risque, c’est de « faire le yo-yo, craint le médecin. Je ne dis pas qu’il faut garder encore des mesures, mais il faut être très précautionneux sur le suivi » de l’épidémie de coronavirus.

Et même si les signaux sont au vert, il ne faut pas, pour autant, baisser la garde. Le 15 octobre, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie notait que « le retour de symptômes épidémiques hivernaux habituels en cette saison indique que les réflexes de protection avec les gestes barrières ont tendance à diminuer. Ce n’est pas le moment de baisser notre vigilance collective. » Notamment le lavage des mains, un « réflexe simple et efficace, pour lutter contre la transmission des virus », rappelle l’ARS.