Montpellier : Des parents bloquent un collège pour dénoncer le manque de surveillants

EDUCATION Depuis la rentrée, un collectif de parents d’élèves exhorte le rectorat à agir

Nicolas Bonzom
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Devant le collège des Aiguerelles, ce mardi
Devant le collège des Aiguerelles, ce mardi — N. Bonzom / Maxele Presse
  • A Montpellier, le collectif des parents des Aiguerelles dénonce un « manque de moyens matériels et humains » dans ce collège, qu’ils jugent surpeuplé.
  • Depuis la rentrée, ils multiplient les actions, et exhortent le rectorat à agir.
  • Celui-ci indique de son côté que le volume d’emplois est comparable à celui des autres établissements, mais a tout de même proposé l’embauche de deux services civiques, et d’un surveillant provisoire. Pour les parents, le compte n’y est pas.

« On n’est pas des sardines ! » A Montpellier (Hérault), le collectif des parents du collège des Aiguerelles dénonce, depuis bientôt deux ans, un « manque de moyens matériels et humains » dans l’établissement, qu’ils jugent surpeuplé. Depuis la rentrée, soutenus par des enseignants, ils multiplient les actions, et exhortent le rectorat à agir pour améliorer « la qualité de vie et d’apprentissage » des enfants.

Ce mardi encore, le collège était bloqué, et les élèves​ qui se sont présentés devant les grilles sont rentrés à la maison. Mais la plupart sont restés au lit, les parents ayant été informés que l’établissement ne serait pas accessible, comme la veille. « Le collège est en sureffectif par rapport à sa capacité d’accueil, confie Marjolaine Combes Argaud, l’une des parents d’élèves mobilisées. C’est dû à l’accroissement de la population à Montpellier, notamment au Sud, dans le quartier Port-Marianne. »

Il n’y a pas assez de surveillants, assurent les parents

Selon les chiffres fournis par le collectif, le nombre d’élèves est passé de 486 en 2017 à 647 cette année. Mais le nombre de surveillants, lui, n’a pas augmenté. Il y en a cinq. Et il n’y a qu’un seul CPE (conseiller principal d’éducation). Pas assez, déplorent les parents. Impossible, poursuit Marjolaine Combes Argaud, avec cinq surveillants, « d’assurer la sécurité des élèves et, par ailleurs, leur accompagnement. Discuter avec eux, écouter leurs problèmes, les résoudre, etc. » Le collectif souhaite, notamment, le recrutement de deux surveillants et d’un CPE supplémentaires.

Le collège qui doit sortir de terre à Port-Marianne devrait contribuer à résorber les problèmes de sureffectif aux Aiguerelles. Le département de l’Hérault prévoit son ouverture en septembre 2022. « En 2020, le rectorat nous avait promis, lors d’une rencontre avec des parents et des professeurs, qu’il nous accompagnerait à passer cette phase transitoire, avec un renforcement humain pour encadrer les élèves », déplore Marjolaine Combes Argaud. Une promesse non tenue, déplorent les parents.

« Le rectorat attend-il qu’il y ait une catastrophe ? »

Selon Guy Bertolino, professeur d’éducation physique au collège depuis vingt-cinq ans, la surpopulation, doublée d’un manque de moyens humains, entraîne « de la violence, de la tension, une incapacité de répondre à des enfants qui ont des problèmes ». « Les surveillants n’en pouvaient plus l’année dernière, assure-t-il. Le rectorat attend-il qu’il y ait une catastrophe pour dire qu’il manque des surveillants ? Ils nous mettent dans des situations dangereuses, et ils mettent les enfants dans des situations dangereuses. »

Sollicité par 20 Minutes, le rectorat de Montpellier assure être « à l’écoute des inquiétudes des enseignants et des parents d’élèves de cet établissement ». « Le volume d’emplois dédiés à la vie scolaire fait l’objet d’une répartition à l’échelle académique. Le collège des Aiguerelles bénéficie de moyens comparables à ceux des autres établissements au regard de l’évolution de ses effectifs », poursuit le rectorat, qui indique avoir toutefois « renforcé ces moyens, en proposant au principal du collège de recruter deux services civiques pour exercer des missions d’animation et de soutien pédagogique aux élèves » et d’embaucher un « équivalent temps plein AED [assistant d’éducation] de manière provisoire, au moins jusqu’au mois de décembre ».

Des services civiques ? La proposition n’a fait que renforcer « la détermination et la colère » du collectif, qui note que les services civiques n’ont pas les mêmes prérogatives qu’un surveillant ou un CPE. Le compte n’y est pas, pour les parents.