Montpellier : La police des transports sera dotée de 15 agents sur le terrain chaque jour

SECURITE C'est la troisième collectivité à lancer un tel dispositif, après Orléans et Nantes

Nicolas Bonzom
Un tramway sur la ligne 2, dans la métropole de Montpellier
Un tramway sur la ligne 2, dans la métropole de Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • La métropole de Montpellier va se doter d'une police des transports.
  • Ce nouveau dispositif sera doté de 42 agents, mais, en tenant compte des congés et des jours de formation, ils seront 15 simultanément sur le terrain au quotidien.
  • Dans l'opposition, certains élus trouvent que c'est insuffisant.

La métropole de Montpellier (Hérault) va se doter d’une police des transports. Elle bénéficiera à l’ensemble des 31 communes de la collectivité à partir de 2023, a acté, ce lundi, le conseil de la métropole. C’est la troisième intercommunalité en France à se doter d’un tel dispositif. L’agglomération d’Orléans en a créé une 2004, avec 15 agents. A Nantes, cette structure, qui disposait de 16 policiers à sa création en janvier, en a désormais une vingtaine. Avant la fin de l'année, elle grimpera à 32 agents.

« Les jeunes qui ont peur, lorsque les tramways font l’objet de jets de pierre, les personnes âgées qui se font voler leurs colliers à l’arraché ou piquer leurs cartes bleues. C’est pour ces gens qu’on crée une police des transports », confie Julie Frêche (PS), l’élue aux transports. « Que celles et ceux qui ont besoin d’aller au travail avec les transports se sentent en sécurité, confie Michaël Delafosse. Quel élu n’a jamais entendu cette phrase : "Je ne prends pas les transports en commun, je ne me sens pas en sécurité". Nous apportons une réponse. Si nous restons dans une situation d’inertie, c’est l’inquiétude des gens les plus fragiles qui va continuer à croître. »

Etonnant, pour un maire PS ? Pas vraiment

C’est donc un maire PS, attaché, au « respect de la règle », et à « l’autorité », qui met en place l’une des premières polices des transports en France. C’était même une promesse de campagne. Etonnant ? Aujourd’hui, plus vraiment, selon le politologue Michel Crespy. « La gauche s’est rendu compte que l’ensemble de l’électorat, y compris à gauche, demandait plus de sécurité, confie le chercheur. Il y avait une tendance, à gauche, un peu libertaire, un peu Mai-1968… Mais aujourd’hui, un certain nombre de socialistes veulent répondre aux demandes des électeurs, et trouvent qu’ils ont raison. Ce n’est même plus considéré comme une ligne de droite à l’intérieur du PS. »

A Montpellier, les effectifs seront à terme de « 42 équivalents temps plein ». Mais, en réalité, seulement 15 agents seront présents sur le terrain, au quotidien. Dans le tramway, cette nouvelle police bénéficiera de trois équipes de trois policiers, épaulées par trois à cinq contrôleurs de la Tam. Dans le bus, deux équipes de deux policiers, avec trois contrôleurs. Deux maîtres-chiens seront à leur disposition, sur le terrain. Cette structure sera présente « 7 jours sur 7 », avec « une montée en puissance entre 12 heures et 23 heures, du mercredi au samedi », confie Jean-Pierre Rico (UDI), le maire de Pérols, chargé de mener ce projet.

Une police « sous-dotée » pour Alenka Doulain

Les missions de cette police seront de « sécuriser les usagers du réseau, en complément des agents de la Tam, maintenir le bon ordre, la tranquillité, la salubrité, lutter contre la fraude et les incivilités, lutter contre les violences faites aux femmes et protéger le personnel de la Tam », confie Jean-Pierre Rico, qui espère que ce dispositif va « rassurer les usagers et dissuader » les délinquants. Ces policiers seront armés : ils disposeront notamment de pistolets automatiques et de pistolets à impulsion électrique. Ils seront aussi équipés de caméras piétons et de gilets pare-balles.

Pour Alenka Doulain (divers gauche), principale voix de l’opposition, cette police est « sous dotée ». « Est-ce que vous pensez réellement que ces 42 agents vont suffire à prévenir, dissuader, arrêter les délits et les incivilités dans les transports ?, s’interroge l’élue du mouvement Nous sommes. Quand on compte les temps de repos et de congés, ce qui est bien normal, on arrive à 15 agents présents de manière simultanée. » Pour le mouvement Nous sommes, c’est « dérisoire pour notre vaste réseau de transports ».

Une « montée en puissance » en 2025

Alenka Doulain propose, en plus de la création de cette nouvelle police, « le recrutement de médiateurs. Il n’y en a que six, aujourd’hui, pour la taille de notre métropole. Nous pensons qu’il faut faire le choix de la médiation, qui a fait ses preuves dans d’autres villes. » Ils pourraient notamment, dit-elle, « participer à la prévention des tensions et des dangers que connaît notre réseau ». Jackie Galabrun-Boulbes (divers droite), maire de Saint-Drézéry, pointe également le nombre d’agents, qu’elle juge « insuffisant ».

Avant d’être officiellement créée, cette police devra cependant être actée à la majorité dans tous les conseils municipaux des 31 communes. Elle sera alors lancée en 2023, « avec une montée en puissance, note l’élu aux transports, en 2025, pour l’arrivée de la ligne 5 du tramway ». Son coût : trois millions d’euros par an, pour la métropole.