Montpellier : Au Vieux biclou, les cyclistes s’entraident pour réparer leurs vélos

MIEUX VIVRE LA VILLE L’association Vieux biclou est devenue un rouage essentiel de la pratique du vélo à Montpellier

Nicolas Bonzom

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Dans l'atelier de réparation du Vieux biclou, à Montpellier
Dans l'atelier de réparation du Vieux biclou, à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le Vieux biclou est devenu, depuis sa création il y a quinze ans, l’une des associations les plus importantes pour la pratique du vélo à Montpellier.
  • L’association propose aux cyclistes de s’entraider pour réparer leurs bicyclettes, mais aussi des cours de remise en selle pour les adultes. 
  • L'expertise de l'association est reconnue et des collectivités la sollicite pour la mise en place d'un plan vélo.

Dans l’atelier du Vieux biclou, aux Beaux-Arts, on remplace des câbles de freins et des chambres à air, on répare des roues voilées et des rayons cassés et on lubrifie des chaînes. Cette association, qui rend service à bon nombre de cyclistes, est devenue, en quinze ans, un rouage important dans la pratique du vélo, à Montpellier (Hérault). « Elle n’est pas seulement importante, elle est essentielle », confie Nicolas le Moigne, le président de l’association Vélocité, qui défend les cyclistes à Montpellier.

Et notamment, poursuit-il, parce qu’un de ses objectifs, « c’est de rendre les gens autonomes avec leur vélo », la « vélonomie ». A travers des ateliers de réparation participatifs, où tout le monde s’entraide pour remettre sur roues les bicyclettes, des animations auprès des plus jeunes, ou des cours de remise en selle, pour redonner aux adultes le goût de la Petite reine. A l’origine, le Vieux biclou a été imaginé par deux amis, qui donnaient des coups de pouce ici et là, pour réparer des vélos. « Ils se sont dit que ce serait pas mal d’avoir un lieu, notamment pour mutualiser les outils, car ça coûte cher », confie Maud le Hay, la présidente de l’association.

La « phobie de la clé Allen » surmontée

Ils ouvrent un premier atelier, quelques mois plus tard, près de la gare. Puis ils déménagent aux Beaux-Arts, aujourd’hui, le quartier général de l’association. Un deuxième atelier ouvrira, quelques années plus tard, sur le campus de la faculté de sciences. Aujourd’hui, le Vieux biclou, qui retape et revend aussi des bicyclettes d’occasion, compte quelque 800 adhérents, dont un tiers d’étudiants, un tiers de retraités, mais aussi des travailleurs, qui utilisent leur bicyclette pour se rendre au boulot.

Barbara en fait partie. Cette bénévole très active, qui croit à « l’importance de la récupération et du remploi des matériaux », a surmonté, grâce aux ateliers de réparation, sa « phobie de la clé Allen », confie-t-elle. « J’étais complètement nulle, et je pensais être incapable d’apprendre quoi que ce soit, se souvient cette cycliste. En deux ans, j’ai pu acquérir les plus simples bases, j’en suis hyper fière. Je ne lâche pas prise : j’apprends, à mon rythme, tout en renseignant les personnes qui arrivent. »

« Tous sur un pied d’égalité »

« Il y a beaucoup de personnes, souvent des femmes, qui arrivent au local en disant qu’elles n’arriveront jamais à rien, alors qu’elles n’ont souvent jamais essayé », souligne Maud le Hay. Au Vieux Biclou, assure la présidente de l’association, « vous trouverez toujours quelqu’un qui a déjà rencontré le problème que vous rencontrez sur votre vélo. C’est souvent, d’ailleurs, les retraités, qui transmettent leur savoir. »

Un gravage anti-vol sur un vélo, au Vieux biclou, à Montpellier
Un gravage anti-vol sur un vélo, au Vieux biclou, à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

A Montpellier, l’association a acquis une telle expertise, qu’elle est sollicitée par des collectivités, qui souhaitent œuvrer à la pratique du vélo. « Quand on veut créer un plan vélo, on a tendance à limiter ça aux infrastructures. En réalité, il y a aussi les services, qui sont très importants. S’assurer qu’une fois que les gens sont sur un vélo, ils soient formés pour se sentir en sécurité et qu’ils soient en mesure de l’entretenir. »

Il y a aussi, au Vieux biclou, un véritable enjeu social. On vient, aussi, pour faire connaissance. « J’avoue que ce que j’aime le plus, c’est papoter », sourit Barbara. « La thématique du vélo, c’est aussi un prétexte pour rencontrer des gens, note Maud le Hay. On y croise un ingénieur, un étudiant en lettres, un sans domicile fixe… On est tous habillé sale, pour réparer son vélo. Tous sur un pied d’égalité. »

Ce week-end, le Vieux biclou organise, sur l’esplanade de la Musique, aux Beaux-Arts, une grande Bourse aux vélos. Toutes les informations ici.