Coronavirus à Montpellier : Pour la réouverture, les bars et les restaurants pourront (peut-être) agrandir leurs terrasses

REPRISE Ils ont jusqu'à vendredi pour faire une demande auprès de la mairie

Nicolas Bonzom

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Les terrasses désertes de la place de la Comédie, à Montpellier, pendant la crise du Covid-19.
Les terrasses désertes de la place de la Comédie, à Montpellier, pendant la crise du Covid-19. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Mercredi, les bars et les restaurants pourront servir leurs clients à l’extérieur, en respectant des mesures strictes : les terrasses ne pourront être remplies qu’à 50 % de leur capacité, avec des tables de six personnes au maximum.
  • La mairie a décidé d’offrir la possibilité aux établissements d’agrandir temporairement leurs terrasses, jusqu’au 30 juin, pour atténuer l’impact des mesures sur l'activité.
  • De « bonnes nouvelles », pour Jacques Mestre, restaurateur à la Grande-Motte et président de l’Union des métiers et des industries de l’Hôtellerie (Umih) dans l’Hérault.

A Montpellier (Hérault), les chaises et les tables s’empilent, sur les terrasses, à moins de 48 heures de leurs réouvertures. Mercredi, bars et restaurants, après de longs mois de fermeture, pourront servir leurs clients à l’extérieur, en respectant des mesures strictes : les terrasses ne pourront être remplies qu’à 50 % de leur capacité, avec des tables de six au maximum. Seuls les petits établissements en sont exemptés.

Comme ailleurs en France, à Montpellier, où un grand soleil est attendu mercredi, la mairie a décidé d’offrir la possibilité aux établissements d’agrandir temporairement leurs terrasses, jusqu’au 30 juin, pour atténuer l’impact des mesures sur leur activité.

« Dura lex, sed lex »

« Ces extensions sont traitées au cas au cas », confie le maire, Michaël Delafosse (PS). Mais, pour bénéficier de l’extension, les gérants doivent s’engager à respecter un « pacte de responsabilité », qui vise à respecter et faire respecter les mesures anti Covid-19, la tranquillité des riverains et l’accès aux logements, ou laisser libre l’accès aux piétons et aux véhicules de secours. « Nous seront très soucieux, une fois que l’autorisation sera donnée », reprend le maire de Montpellier. Mais si un établissement venait à étendre sa terrasse sans autorisation, « Dura lex, sed lex [Dure est la loi, mais c’est la loi], gronde l’élu. Nous serons extrêmement fermes. »

Une terrasse, sur la place Georges-Frêche, à Montpellier, ce lundi matin
Une terrasse, sur la place Georges-Frêche, à Montpellier, ce lundi matin - N. Bonzom / Maxele Presse

Si sur les grandes places agrandir une terrasse n’est pas compliqué, ça l’est parfois plus dans les petites rues de l’Ecusson. « Ce n’est pas toujours facile d’accorder [les extensions des terrasses], car la configuration de la ville est complexe », reprend Roger-Yannick Chartier, élu en charge du commerce de proximité. « Notre avantage, c’est que, contrairement à nos confrères dans l’Ecusson, nous n’avons pas un restaurant à gauche et un restaurant à droite, confie le gérant d’un bar, dans un quartier extérieur au centre-ville, qui a prévu de faire rapidement une demande d’extension pour sa terrasse. A côté, nous, c’est une banque. Alors, il y a forcément moins de contraintes. »

« Nous avons besoin de maires compréhensifs »

Par ailleurs, la ville a également mis en place une exonération des droits des terrasses, jusqu’au 30 juin. « C’est un choix budgétaire conséquent », pointe Michaël Delafosse. Le manque à gagner était de 1,2 million d’euros en 2020 pour la ville, et 600.000 euros en 2021. En moyenne, en 2020, la ristourne était de 13.500 euros pour les établissements.

Jacques Mestre, restaurateur à la Grande-Motte et président de l’Union des métiers et des industries de l’Hôtellerie (Umih) dans l’Hérault, se réjouit de ces annonces. Ce sont, dit-il, « de bonnes nouvelles ». « Nos métiers ont été impactés, nous sommes en difficultés, nous avons besoin de maires compréhensifs », reprend ce professionnel, qui fustige la décision d’un autre maire, qu’il ne souhaite pas nommer. « Il m’a dit «Mes finances sont touchées, je ne vous fais rien», déplore Jacques Mestre. Les entreprises, quand elles auront disparu, elles ne cotiseront plus chez lui. Il vaut mieux qu’on vive. »

« Je ne rentrerai pas plus de personnes, mais je pourrais respecter la distanciation »

Mais Jacques Mestre convient, sur l’agrandissement des terrasses, que « tout le monde ne peut pas être gâté. Certains peuvent penser qu’ils sont moins avantagés que les autres. Mais il faut penser, aussi, à la vie de tous les jours. Nous ne cautionnerons pas ceux qui font n’importe quoi ». Une soixantaine d’établissements ont déjà fait une demande d’extension de leurs terrasses, sur la place Jean-Jaurès notamment. Aucun, pour l’instant, sur la Comédie. « Nous avons beaucoup de demandes de petits établissements, qui étaient en souffrance », note Roger-Yannick Chartier.

« Agrandir notre terrasse, ce serait vraiment pas mal, confie le gérant d’un petit bar de l’Ecusson, qui attendait, ce lundi, une réponse de la mairie à sa requête. Je ne rentrerai pas plus de personnes, mais je pourrais au moins respecter la distanciation sociale. » Le gérant d'un restaurant, dans un quartier à l'est de la ville, se réjouit, de son côté, que la mairie de Montpellier le laisse « augmenter la terrasse de manière très significative et ne facture pas les droits de terrasse, confie-t-il. Tout cela est temporaire, bien sûr. Mais cela nous aide pour conserver notre capacité assise, c’est vraiment un gros plus ».

Mercredi, pour la réouverture des terrasses, l’affluence promet d’être au rendez-vous. « On a des personnes qui nous appellent, qui veulent venir à 15, sourit le gérant d’un bar. Et elles insistent. On leur dit que ce n’est pas possible, pour l’instant. »