Montpellier : Une « grande consultation » pour rétablir le dialogue entre le bailleur social ACM Habitat et les locataires

LOGEMENT Des réunions en visio vont être organisées jusqu'à la fin du mois de juin

Nicolas Bonzom

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Une résidence de logements sociaux, dans le quartier du Petit Bard, à Montpellier (illustration)
Une résidence de logements sociaux, dans le quartier du Petit Bard, à Montpellier (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Ce mercredi, la métropole de Montpellier et le bailleur social ACM Habitat ont dévoilé les contours d’une « grande consultation », qui doit permettre, via des réunions hebdomadaires, d’offrir « un dialogue direct » entre les occupants et leur gestionnaire.
  • Car jusqu’ici, le lien pouvait être compliqué entre les locataires et le bailleur social.
  • Jusqu’à la fin du mois de juin, entre 150 et 200 personnes pourront participer, en visioconférence, à ces séances de questions/réponses hebdomadaires.

Ce n’est pas toujours facile, pour les locataires d’un logement social, de se faire entendre. Il arrive que le lien avec les bailleurs soit si brouillé, qu’ils en viennent, parfois, à solliciter la presse, pour que leurs doléances soient prises en compte. La métropole de Montpellier (Hérault) et ACM Habitat, premier bailleur social dans la capitale héraultaise, aspirent à renouer une relation plus simple avec les locataires. Ce mercredi, la collectivité et le bailleur social ont dévoilé les contours d’une « grande consultation », qui doit permettre d’offrir « un dialogue direct » entre les occupants et leur gestionnaire.

A travers des réunions hebdomadaires, les 50.000 occupants des 22.000 logements d’ACM Habitat pourront évoquer « ce qui va, ce qui peut être amélioré, et ce qui ne va pas », confie Michaël Delafosse (PS), le président de la métropole. Cela permettra « aux équipes du bailleur, mais aussi de la métropole, d’agir pour améliorer le cadre de vie, poursuit l’élu. Il peut s’agir d’un container à poubelles qui dysfonctionne, d’une cage d’escalier qui est dégradée ou d’une boîte aux lettres dans laquelle le courrier est volé. » « L’objectif est de savoir s’il fait bon vivre dans nos résidences, et si ce n’est pas le cas, comment peut-on s’améliorer », complète Cédric Grail, directeur général d’ACM Habitat.

« Rendre des comptes »

Jamais, note Michaël Delafosse, « il n’y a eu une telle approche à ACM Habitat, c’est un projet radicalement novateur ». « Parfois, quand j’allais à la rencontre des habitants, en tant que candidat [aux municipales], on me disait "On n’a pas de réponse, on n’appelle et on ne nous reçoit pas" ». Par ailleurs, des « indicateurs de qualité » seront publiés chaque année sur les conditions de vie des locataires, pour « rendre des comptes », confie le maire. « Ce ne sont pas juste des réunions, comme ça ! Nous concertons pour évaluer et améliorer, et quand nous ne pouvons pas, être capable d’expliquer pourquoi. Mais l’objectif n’est pas de dire, à chaque fois, c’est la faute d’ACM Habitat. Parfois, il en va de comportements d’un certain nombre de gens, très minoritaires. »

La première réunion, en visioconférence, aura lieu le 11 mai. Six autres sont prévues, les 18 et 25 mai et les 1er, 8, 15 et 22 juin. Le bailleur social et des élus répondront directement aux questions des locataires. A chaque fois, entre 150 et 200 personnes pourront y participer. Il sera question du cadre de vie, mais aussi d’autres thèmes, comme des mobilités. Un questionnaire sur leurs conditions de vie sera aussi adressé dans les prochaines heures aux locataires, et une « boîte à idées » en ligne sera lancée. Le suivi de cette consultation sera par ailleurs possible sur Internet (ici).

« Il va falloir être très transparent sur ce qui va ressortir, et aller vite sur les mesures »

La Confédération syndicale des familles de l’Hérault, l’une des associations qui défend les droits des locataires, se réjouit de cette consultation. « Tout ce qui est faveur de la consultation des locataires est une bonne chose », indique sa présidente, Paule Ablitzer. Car, jusqu’ici, la relation entre l’association et le bailleur social était « compliquée ». « Joindre quelqu’un, c’était le parcours du combattant, poursuit-elle. Ce n’était vraiment pas évident. Il fallait s’y prendre à plusieurs reprises. Même les locataires, directement, c’était aussi très compliqué. Il y avait souvent une fin de non-recevoir. »

De son côté, Alenka Doulain (Nous sommes), principale opposante à Michaël Delafosse, juge l’idée « positive », même si elle regrette de « l’apprendre par la presse ». « Mais nous pensons qu’il faudra, aussi, consulter les 24.000 demandeurs de logement sociaux, pour savoir comment ils voient la qualité du service du suivi de leurs dossiers, confie l’élue. Et ceux qui ont un logement social, qui espèrent en changer. » Sur ces deux cas, « cela manque véritablement de transparence », regrette Alenka Doulain.

Et il y a « des problématiques déjà identifiées, sur lesquelles nous aimerions des réponses rapides, comme sur la répartition des T3, T4 et T5, qui sont très localisés dans des quartiers à non-mixité, alors qu’il faudrait les répartir ailleurs dans la ville, et dans d’autres communes de la métropole, poursuit la cheffe de file de Nous sommes. Sur le besoin de relancer des conciergeries, aussi. C’est très bien de consulter, mais derrière, il va falloir être très transparent sur ce qui va ressortir, et aller vite sur les mesures. »