Montpellier : Comment fonctionne l’application Klaxit qui permet de covoiturer gratuitement ?

TRANSPORTS Les passagers voyagent gratuitement entre le domicile et le travail, et les conducteurs sont rémunérés

Nicolas Bonzom

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L'application Klaxit
L'application Klaxit — Klaxit
  • La métropole de Montpellier s’est engagée à offrir les trajets en covoiturage entre le domicile et le travail, pour les personnes qui ont un job sur le territoire.
  • Ce dispositif est piloté par l’application mobile Klaxit, qui facilite la mise en relation entre les passagers et les conducteurs, pour de petits trajets.
  • Les passagers voyagent gratuitement, grâce au soutien financier de la métropole. Quant aux automobilistes, ils sont rémunérés entre 2 et 4 euros.

Un nouvel outil s’est greffé au « choc des mobilités », promis par la métropole de Montpellier (Hérault) : la collectivité s’est engagée à offrir les trajets en covoiturage entre le domicile et le travail, pour les personnes qui ont un job dans la métropole. Ce dispositif, expérimenté depuis le 1er mars, est piloté par l’application mobile Klaxit, déjà adoptée par plus d’une trentaine de collectivités en France, qui facilite la mise en relation entre les passagers et les conducteurs, pour de petits trajets.

L’utilisateur renseigne, à l’avance ou à la dernière minute, son parcours et ses horaires, et Klaxit se charge de proposer « aux conducteurs de prendre des passagers sans faire de détour, et aux passagers d’être récupérés en bas de chez eux, ou quasiment. Et s’ils marchent un peu, ce n’est pas plus de 5 minutes », confie David Di Nardo, directeur du développement de Klaxit. L’intérêt de cet outil, c’est que les passagers voyagent gratuitement, grâce au soutien financier de la métropole. Et si le trajet est annulé, l’assurance prend en charge leur retour gratuitement, en taxi, et sans avancer de frais.

Les conducteurs rémunérés

Quant aux automobilistes, ils sont rémunérés entre 2 et 4 euros, pour chaque passager transporté, selon les kilomètres effectués. Soit 160 euros par mois, pour un automobiliste qui transporterait deux passagers, pendant 20 jours, sur 20 km. Ce revenu, qui tombe à pic pour faire face aux dépenses d’essence et d’entretien du véhicule, est aussi une indemnisation « pour renoncer à sa liberté, à accepter des personnes dans sa voiture, reprend David Di Nardo. C’est aussi une façon que les gens voient l’intérêt de covoiturer, et s’y mettent vraiment. Notre combat, c’est l’autosolisme », le fait d’être seul en voiture.

Selon la métropole, sur la totalité des déplacements effectués sur le territoire, ceux en voiture représentent la moitié, « dont un peu moins de 1 % en covoiturage ». Ce dispositif, qui bénéficie ainsi d’un « potentiel de progression très important », pointe la collectivité, est une façon, aussi, d’offrir une nouvelle façon de se déplacer aux habitants des zones périurbaines et rurales, moins bien desservies par les transports en commun.

Des campagnes vont être menées dans les grandes entreprises (la clinique Saint-Jean, le CHU de Montpellier, le groupe Oc Santé…), pour faire connaître ce dispositif et « faire en sorte qu’une personne qui utilise l’application trouve des trajets facilement », reprend David Di Nardo. L’expérimentation, financée par la métropole, va durer un an : ce sera ensuite aux entreprises, si elles le souhaitent, de prendre le volant.