Montpellier : Les jeunes de 18 à 26 ans ne bénéficieront pas de la gratuité des transports en septembre

MOBILITES Seuls les moins de 18 ans et les plus de 65 ans y auront droit à la rentrée

Nicolas Bonzom
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Un tramway sur la ligne 2, dans la métropole de Montpellier
Un tramway sur la ligne 2, dans la métropole de Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Les 18-26 ans ne bénéficieront pas de la deuxième étape de la gratuité des transports en commun à Montpellier, prévue en septembre prochain. Seuls les habitants de moins de 18 ans et les plus de 65 ans ne paieront plus les transports en semaine.
  • « Ils apprécieront ! », déplorent Max Levita (divers gauche) et Abdi El Kandoussi (divers gauche), élus de l’opposition, qui parlent d'« amateurisme ».
  • De son côté, Julie Frêche (PS), élue aux mobilités, note que les tranches d’âges n’étaient pas actées. Et que la métropole, en choisissant les moins de 18 ans seulement, s’aligne sur la gratuité des transports scolaires promis par la région.

A Montpellier (Hérault), la gratuité des transports en commun, qui n’est aujourd’hui en vigueur que le week-end, sera étendue, le reste de la semaine, à tous les habitants de la métropole, en 2023. Dans le cadre de sa mise en œuvre progressive, il avait été question, ces derniers mois, d’en faire profiter les moins de 26 ans, ainsi que les plus de 65 ans, dès la rentrée prochaine, du lundi au vendredi.

Finalement, la métropole n’a pas inclus les jeunes de 18 à 26 ans dans cette deuxième phase. Seuls les moins de 18 ans et les seniors auront droit au tramway et aux bus gratuits, toute la semaine, dès septembre. Les jeunes de 18 à 26 ans, dont des dizaines de milliers d’étudiants, ne profiteront ainsi de cette promesse de campagne de Michaël Delafosse (PS) qu’en 2023, comme tous les habitants de la métropole.

« L’exécutif renie ses engagements »

« Ils apprécieront ! », déplorent Max Levita (divers gauche) et Abdi El Kandoussi (divers gauche), élus de l’opposition. « L’exécutif renie ses engagements, grondent ces proches de l’ancien maire, Philippe Saurel (divers gauche). Les étudiants, qui représentent un Montpelliérain sur quatre, qui de plus vivent dans des conditions difficiles, font les frais de cet amateurisme. » « Encore une fois, le PS propose et le PS dispose une fois au pouvoir », se désolent les responsables des Jeunes avec Macron.

« Alors que les étudiant(e) s subissent de plein fouet la crise sanitaire et la précarité, la mairie a finalement décidé qu’ils et elles ne bénéficieront pas de la gratuité des transports en commun, regrette Solidaires Etudiants. Nous ne pouvons pas attendre ! »

« Nous avions annoncé les jeunes et les seniors »

A 20 Minutes, Julie Frêche (PS), élue de la métropole aux mobilités, confie que l’exécutif n’a volontairement jamais clairement énoncé les tranches d’âge qui rentreraient, en septembre, dans le champ de la gratuité. « Nous avions annoncé les jeunes et les seniors », assure l’élue. C’est notamment le cas dans le communiqué de presse du 26 août 2020, qui célèbre le lancement de la gratuité des transports le week-end. Et dans la totalité des communications de la métropole que 20 Minutes a retrouvées.

Sauf… dans le magazine institutionnel de la collectivité du mois de janvier. « Dès septembre 2021, ce dispositif [la gratuité des transports] va évoluer : gratuité, du lundi au dimanche cette fois-ci, pour les moins de 26 ans ainsi que pour les plus de 65 ans, habitant dans la métropole de Montpellier », peut-on lire, dans un article (ici).

« C’est une question de lisibilité par rapport au dispositif régional »

La presse, aussi, s’est largement fait l’écho d’une ouverture de la gratuité aux moins de 26 ans, dès la rentrée prochaine. Mais ce n’était pas, visiblement, acté. « Nous avions envisagé les moins de 26 ans, et les moins de 18 ans, reprend Julie Frêche. Et dans le même temps, la région Occitanie a annoncé la gratuité intégrale » des transports scolaires. « Donc, par cohérence, autant s’aligner sur la même limite d’âge. »

Et ce n’est pas, promet la vice-présidente de la métropole, une question de budget (la collectivité estime à 24 millions d’euros le coût de la gratuité des transports). « C’est une question de lisibilité par rapport au dispositif régional, répète Julie Frêche. Qu’est-ce que les gens auraient pensé si, sur un même territoire, une collectivité offrait la gratuité aux moins de 18 ans, et une autre aux moins de 26 ans ? Il faut être un minimum cohérent. »

L’élue, par ailleurs, trouve « amusant que ceux qui ont raconté partout que la gratuité était impossible à mettre en place veuillent, aujourd’hui, que l’on aille plus vite que la musique », faisant référence aux ex-candidats de la liste de Philippe Saurel, qui avaient vivement critiqué la mesure, pendant la campagne des élections municipales. « Nous faisons des choix, reprend Julie Frêche. Nous avons toujours assumé que nous mettrons en place la gratuité des transports par étapes : nous l’avons fait pour le week-end, nous le ferons pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans à la rentrée prochaine, et en 2023, pour tous les habitants de la métropole. »