Coronavirus dans l'Hérault : Après Lunel et Cournonterral, doit-on craindre un boom des cas de Covid-19 ?

EPIDEMIE Plusieurs secteurs du département sont touchés par une hausse du taux d’incidence

Nicolas Bonzom

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Le port du masque est obligatoire à Montpellier
Le port du masque est obligatoire à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Ces derniers jours, certains secteurs du département ont vu leurs taux d’incidence exploser : dans l’agglomération de Lunel, ou à Cournonterral, notamment.
  • Pour l’instant, le chiffre est de 184 dans l’Hérault, moins que dans le Gard et la Haute-Garonne. La métropole de Montpellier est même parmi les moins touchées de France.
  • Pour Jacques Reynes, chef du service des maladies infectieuses du CHU, le danger, est « que ces personnes, qui ont appartenu, ou qui appartiennent, aux foyers, se déplacent pour des courses ou pour des promenades… Et que cela diffuse le virus. »

L'Hérault n’est dans la liste des départements « sous surveillance », dévoilée par le premier ministre, Jean Castex, le 25 février. Mais ces derniers jours, sur le front héraultais, certaines nouvelles ne sont pas bonnes : dans plusieurs secteurs du département, les taux d’incidence du Covid-19 ont explosé.

Dans l’agglomération de Lunel, par exemple, le chiffre a doublé en une semaine, passant de 202 (pour 100.000 habitants), le 20 février, à 404, le 28 février. Et à Cournonterral, où s’est tenu le 17 février, malgré l’interdiction, le carnaval des Pailhasses, il a bondi de 200 à 704, a pointé le préfet de l’Hérault, Jacques Witkowski, ce mardi.

« Des difficultés localisées »

Alors, faut-il craindre pour l’Hérault ? Pour l’instant, si certains territoires du département ont vu leurs indicateurs flamber, le taux d’incidence moyen est de 184. C’est moins que dans le Gard (199) et la Haute-Garonne (192). Et beaucoup moins que la moyenne en France (222). La métropole de Montpellier, elle, fait même partie des grandes agglomérations de France où le taux d’incidence est le plus bas (148).

Mais, déplorait le maire, Michaël Delafosse (PS), lundi, « nous constatons une remontée inquiétante depuis quatre ou cinq jours ». « L’épidémie n’évolue pas toujours de manière homogène au sein même des départements, confie Pierre Ricordeau, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie. L’Hérault est un département dont l’incidence a eu tendance à augmenter, mais il partait de relativement bas par rapport aux autres départements de la région. Il se situe aujourd’hui dans la moyenne haute de la région, avec, effectivement, de difficultés localisées, comme le Lunellois, mais aussi le Biterrois. » Le directeur de l’ARS se dit « vigilant » au regard de ces situations.

« La situation se dégrade de façon préoccupante » à Lunel

Selon les chiffres publiés ce mardi par l’ARS, si le nombre d’hospitalisations de personnes atteintes par le Covid-19 est en légère baisse dans l’Hérault (226, une de moins que le 26 février), le chiffre des patients placés dans des services de réanimation ou de soins critiques a augmenté : 61, contre 55 le 26 février. Par ailleurs, 11 décès de plus en quatre jours sont à déplorer dans des établissements de santé de l’Hérault, soit 656 depuis le début de l’épidémie, il y a près d’un an. C’est le bilan le plus grave en Occitanie.

A Lunel, le préfet a mis en place plusieurs mesures pour tenter d’enrayer l’inquiétante progression du virus : des actions de prévention sont menées auprès des habitants, les contrôles de la gendarmerie ont été renforcés et les établissements scolaires lunellois priorisés dans le déploiement des tests salivaires promis par l’Education nationale. Des doses de vaccin supplémentaires vont aussi être envoyées dans le Lunellois. « La situation se dégrade de façon préoccupante sur cette partie du territoire, avec une accélération de la propagation du virus », avait alerté la préfecture, lundi.

« Le week-end est assez crucial »

Pour Jacques Reynes, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Montpellier, les prochains jours seront déterminants pour le département de l’Hérault. « La part du variant anglais a augmenté très significativement,​ mais de façon très récente, en Occitanie, et en particulier autour de Montpellier, confie le professeur à 20 Minutes. Et manifestement, ce variant a des propensions d’extension plus fortes que le virus original, et donc, nous risquons, de faire face, dans les dix à quinze jours, à une augmentation des cas de Covid-19, majorée par la problématique des deux ou trois foyers, probablement liés à des fêtes, qui existent aujourd’hui dans l’Hérault. »

Le risque, poursuit Jacques Reynes, c’est que des personnes touchées par le Covid-19 dans ces clusters, à Lunel ou à Cournonterral, « bougent ». « Le week-end est assez crucial, reprend le professeur. Si l’on n’est pas encore confiné, le danger, c’est que ces personnes, qui ont appartenu, ou qui appartiennent, aux foyers, se déplacent pour des courses ou pour des promenades… Et que cela diffuse le virus. »