Montpellier : Les enfants mangent-ils des produits locaux à la cantine ?

ECOLES Aujourd’hui, 35 % des denrées cuisinées pour les enfants viennent de producteurs locaux

Nicolas Bonzom
Un petit garçon attablé à une table de la cantine de l'école François-Mitterand, à Montpellier.
Un petit garçon attablé à une table de la cantine de l'école François-Mitterand, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Les cuisines centrales de la ville de Montpellier utilisent aujourd’hui 35 % de produits issus d’agriculteurs locaux pour les repas des écoliers.
  • L’objectif de la ville est d’arriver à 100 % de produits locaux et/ou bio d’ici 2026.
  • Mais il est parfois compliqué de trouver des producteurs locaux qui parviennent à répondre aux commandes d’une mairie pour ses cantines.

Depuis le 1er janvier, les écoliers de Montpellier (Hérault) ont la possibilité de choisir un menu végétarien, dans les cantines de la ville. Par ailleurs, 20 % des produits mijotés par les cuisines centrales sont issus de l'agriculture biologique. Mais mange-t-on, dans les restaurants scolaires de la ville, des produits locaux ?

En partie, oui : 35 % des denrées utilisées pour préparer les 15.000 repas pour les écoliers montpelliérains proviennent de producteurs locaux (dont 15 % sont bio), installés dans la métropole, l’Hérault, l’Occitanie, ou, pour quelques-uns, d’exploitations des départements proches. Par exemple, le riz est de Camargue, 100 % des salades proviennent d’agriculteurs du coin, et une grosse majorité d’autres légumes et de fruits aussi.

Pour la viande, c’est « compliqué »

Par exemple, lorsque les cuisiniers préparent un couscous végétarien, les courges sont de Lattes, les carottes de Mauguio et les navets et le chou frisé d’Aigues-Mortes. Le pain, également, est fabriqué à Fabrègues, avec la farine du moulin de Sauret. Et le poisson est pêché en Méditerranée. Mais tout, encore, n’est pas du coin. « Nous essayons de nous fournir auprès de producteurs situés le plus proche possible de Montpellier, confie Marie Massart (EELV), élue en charge de la politique alimentaire. Mais pour certains produits, c’est plus compliqué, comme la viande, par exemple. Nous cherchons des producteurs, ou des regroupements de producteurs. »

La ville a promis, d’ici la fin du mandat, en 2026, d’avoir « 100 % de produits bio et/ou locaux pour les cantines, note Marie Massart. Mais c’est une démarche compliquée, car il faut trouver les producteurs. » Pour se faciliter la tâche, la ville fait de petites commandes, pour permettre aux agriculteurs d’y répondre, et éviter de devoir se fournir auprès de grossistes. « Nous faisons 75 lots pour les cantines, alors que la moyenne en France, c’est 35, reprend l’élue. Avant, par exemple, nous avions un lot de céréales, de pâtes, de riz, de blé. Si l’on dit, on veut X tonnes de pâtes, de riz, de blé, c’est forcément de grosses entreprises qui répondent. Alors qu’en faisant un lot composé uniquement de pâtes, on augmente nos chances qu’un petit producteur nous sollicite. »

« Un principe de réalité »

Gwenaëlle Guerlavais, fondatrice de l’association Ramène ta fraise, qui milite pour le bien manger dans les cantines, aimerait, « dans l’idéal, 100 % » de produits locaux pour les enfants. « Mais il y a un principe de réalité, qui fait que c’est parfois compliqué de trouver des producteurs qui puissent répondre aux demandes des cantines, c’est-à-dire de grosses quantités, à l’avance, sans aléas climatiques, etc. », reprend la présidente de Ramène ta fraise.

Pendant la campagne des municipales, Ramène ta fraise avait soutenu la création de plus petites unités pour la fabrication des repas des écoliers. « Peut-être que ce serait plus facile, dans ce cadre-là, de travailler avec les petits producteurs », reprend Gwenaëlle Guerlavais. De plus petites cuisines, près des écoles, et non plus une immense cuisine centrale, c’est aussi le souhait de Michaël Delafosse (PS), le maire de Montpellier. Avec de petits potagers. Une étude a été lancée en ce sens.