Montpellier : La vente de la mosquée à une structure proche du Maroc a été annulée

RELIGION Le maire de Montpellier s’était opposé à cette cession pour un euro symbolique

Nicolas Bonzom

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Dans une mosquée (illustration)
Dans une mosquée (illustration) — ALLILI/SIPA
  • La vente d’une mosquée de Montpellier à une structure proche du Maroc est annulée.
  • Le maire, Michaël Delafosse, s’était fermement opposé à cette cession.
  • Le président de l’association en charge de la mosquée Averroès indique que ce projet de vente n’était en aucun cas « une démarche d’ingérence ».

La mosquée Averroès, à Montpellier (Hérault), ne sera pas vendue à une structure proche du Maroc. Dans un communiqué, la mairie note que l’association cultuelle, en charge du lieu, a annoncé dans un courrier reçu à l’hôtel de ville sa décision de renoncer à la vente pour un euro symbolique de cette mosquée. « Ses dirigeants sollicitent le retrait pur et simple de l’acte administratif déposé auprès des services de la ville », indique la mairie, qui avait découvert ce processus de cession par son dépôt.

Dans un communiqué, Tahiri Lhoussin, le président de la mosquée Averroès, assure que « cette procédure a été entamée ouvertement et par les canaux d’usage dans ce genre d’opération sans aucune intention de duper quiconque et encore moins monsieur le maire (…) C’est dans une démarche de transparence que la demande a été déposée. »

« En aucun cas une démarche d’ingérence »

« Nous sommes des citoyens français de confession musulmane irréprochables veillant à tous les niveaux (…) à nous inscrire dans un Islam républicain respectueux des orientations des autorités françaises en charge de ce dossier », indique le représentant de la mosquée Averroès de Montpellier, qui assure que la vente n’était « en aucun cas une démarche d’ingérence et encore moins de mainmise ». « La cession au Maroc n’avait nullement pour objectif le contrôle de la mosquée par ce pays », mais elle devait apporter, poursuit le président, son soutien à différents projets portés par l’association.

Il y a une semaine, Michaël Delafosse (PS), le maire de Montpellier, s’était fermement opposé à ce projet. L’élu avait indiqué qu’il refusait « cette tentative de prise de contrôle par un pays étranger » et avait annoncé sa décision « de préempter ce lieu », « pour garantir l’indépendance de ce lieu de culte ». En 2016, le bâtiment avait été vendu par la ville de Montpellier, alors dirigée par Philippe Saurel (divers gauche), à l’association cultuelle, pour 1,2 million d’euros, grâce à « la mobilisation des fidèles », notait la ville.

« Il y a trop de charges »

A Midi Libre, le responsable de la mosquée Averroès avait justifié le projet pour des questions de fonds. « Il y a trop de charges, confiait-il. Les frais de fonctionnement, c’est 5.000 euros par mois, sans compter le salaire de l’imam. Depuis mars, et la crise sanitaire, les fidèles sont moins présents, il y a moins de rentrées d’argent. » La cession aurait permis de financer un agrandissement, et la rénovation de salles, avait-il confié.

De son côté, l’Union des mosquées de France, à qui l’association projetait de vendre le lieu, avait indiqué à France 3 que cette vente n’était pas à l’ordre du jour.