Montpellier : Le feuilleton du parc Montcalm s’achève, il sera entièrement préservé

URBANISME Depuis huit ans, ce poumon vert était au cœur de tous les débats

Nicolas Bonzom
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Le parc Montcalm, à Montpellier.
Le parc Montcalm, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Depuis huit ans, associations et citoyens mènent un combat pour que le parc Montcalm, véritable poumon vert de Montpellier, soit préservé en intégralité.
  • En 2013, un projet d’aménagement avait été présenté par la maire, Hélène Mandroux (PS). Et la ligne 5 du tramway devait passer par le parc. Son successeur, Philippe Saurel (divers gauche), a annulé ces projets. Michaël Delafosse a achevé la sanctuarisation du parc Montcalm, en annulant les 600 logements encore prévus.
  • Le conseil municipal a voté lundi la préservation à 100 % de ce parc.

La ville a su garder Montcalm. Le parc sera préservé, à 100 %. Le conseil municipal de Montpellier (Hérault) a approuvé, lundi, la sanctuarisation totale de ce poumon vert, et l’abandon des derniers projets immobiliers qui le menaçaient, après de longues années de combat, mené par des citoyens et des associations.

Depuis 2013, le sort du parc Montcalm n’a en effet jamais quitté le débat politique, à Montpellier. Cette année-là, tandis qu’elle l’avait acheté un an plus tôt à l’armée, la ville avait annoncé son intention d’offrir un gros lifting à ce domaine de 23 hectares, pour en faire « un grand parc [de 16,5 hectares] qui s’inscrive résolument dans le XXIe siècle ». De gigantesques roues à eau avaient notamment été imaginées (lire ici). Et surtout, l’agglomération avait prévu de faire passer la ligne 5 du tramway par le parc. Plusieurs associations avaient alors lancé la bataille, pour que soit préservé cet écrin de verdure.

Michaël Delafosse achève ce que Philippe Saurel n’avait pas fait

Elles seront (en partie) entendues par Philippe Saurel (divers gauche). Dès son élection, l’ancien maire a détourné le tramway, et mis à la poubelle le projet de Central Park prévu par Hélène Mandroux (PS), conservant ainsi un peu plus de 21 hectares du parc.

Un terrain de tennis au parc Montcalm, à Montpellier
Un terrain de tennis au parc Montcalm, à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

Lundi, son successeur, Michaël Delafosse (PS), comme il s’y était engagé pendant la campagne, a achevé d’exaucer les vœux des défenseurs du parc Montcalm, en rendant le lieu entièrement inconstructible. C'est l'un des fruits de l'accord avec les Verts, entre les deux tours des municipales. Michaël Delafosse avait pourtant, alors qu’il était adjoint à l’urbanisme, en 2013, porté sa transformation. Il a changé d’avis. Désormais, la totalité du parc de Montcalm, soit 23 hectares, sera préservée, tout comme le ruisseau du Lantissargues. Et la construction très critiquée de 600 logements, qui était toujours dans les tuyaux, près de la rue des Chasseurs, en lisière du parc, a été annulée. « C’est une question d’équilibre dans la ville », a noté Michaël Delafosse, lundi.

« Il faut de véritables espaces de nature en ville »

« Notre combat a permis de sauver ce parc de la bétonisation, nous en sommes très fiers », s’est réjouie l’association les Gardiens de Montcalm, qui se bat depuis huit longues années pour la préservation du parc, qualifiant cette décision d'« étape importante dans la sanctuarisation du poumon vert de Montpellier ». « Comme d’autres, nous avons été des lanceurs d’alerte, confie Jean-Michel Justamon, l’un des "gardiens" de Montcalm. Nous avons été en avance sur ce dont on se rend compte aujourd’hui : on a besoin de biodiversité. Il faut de véritables espaces de nature en ville. »

De son côté, Arfa, l’autre association emblématique qui lutte contre la bétonisation du parc depuis de longues années, se dit « satisfaite du développement de la végétalisation du parc, de la diminution du nombre de bassins de rétention et de la prolongation du parc jusqu’à l’avenue de Toulouse, à hauteur des ex-pépinières du Midi ». Cependant, l’association montpelliéraine pointe encore « l’installation envisagée d’une chaufferie biomasse, qui impacterait le parc », du côté de la rue des chasseurs.

En 2021, le plan local d’urbanisme (PLU) sera modifié pour accompagner ces engagements. A terme, les entrées du parc, sur les avenues des Chasseurs et de Toulouse, seront repensées, pour offrir à cet écrin une plus large ouverture sur la ville.