Montpellier : La « prise de contrôle d'un point de deal » à l'origine de la fusillade à la Mosson

ENQUETE Neuf personnes ont été interpellées mardi, trois ont été relâchées

Nicolas Bonzom

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Le quartier de la Mosson, à Montpellier (Illustration).
Le quartier de la Mosson, à Montpellier (Illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Une fusillade a éclaté en pleine journée, le 1er novembre, à la Mosson.
  • Elle avait été filmée, et largement partagée sur les réseaux sociaux.
  • Neuf personnes ont été interpellées, dont trois ont, depuis, été remises en liberté.

Le 1er novembre, une fusillade avait éclaté en pleine journée, au pied de la tour d’Assas, dans le quartier de la Mosson, à Montpellier (Hérault). L’intrusion d’un commando, composé de six hommes encagoulés et munis d’armes lourdes, avait été filmée et la vidéo avait été largement relayée sur les réseaux sociaux.

Mardi, neuf personnes, âgées de 22 à 40 ans, avaient été interpellées par les policiers. Une partie d’entre elles résident à la Mosson. Depuis, trois personnes ont été remises en liberté sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles. Deux autres suspects ont été présentés à un juge d’instruction, l’un d’eux a été incarcéré, pour tentative d’homicide en bande organisée et associations de malfaiteurs. Trois autres sont encore, ce vendredi, dans le bureau du juge. Enfin, un dernier suspect est toujours en garde à vue. L’ensemble des suspects a contesté les faits qui leur sont reprochés.

Une « prise de contrôle d’un point de deal »

Pour les enquêteurs, cela ne fait aucun doute : il s’agissait d’une « prise de contrôle d’un point de deal », a indiqué ce vendredi Fabrice Bélargent, le procureur de la République de Montpellier, qui a donné qui a donné une conférence de presse pour faire le point sur cette affaire, qui avait provoqué un certain émoi, jusque dans les rangs de responsables politiques. Les abords de la tour d’Assas, dans le quartier de la Mosson, ont été régulièrement, par le passé, le théâtre d’affrontements armés.

Sur les lieux, 49 étuis à munitions ont été retrouvés, et le véhicule, qui aurait été utilisé par le commando, a été découvert calciné à Teyran, à l’est de Montpellier. Il était signalé volé. Lors des perquisitions, les policiers ont notamment saisi 45 kg de résine de cannabis, 400 g de cocaïne, 3 fausses cartes d’identité, plusieurs milliers d’euros en espèces, des armes, mais aussi des équipements de police, et des gyrophares.

La victime assure qu’elle ne comprend pas pourquoi elle a été visée

Ce jour-là, une personne avait été blessée légèrement, à la main et au pied. Elle est aujourd’hui sortie de l’hôpital, mais est restée « très peu loquace », a indiqué le procureur. La victime a ainsi indiqué aux enquêteurs qu’elle se trouvait là par hasard, et qu’elle « ne comprenait pas pourquoi elle avait été visée », indique le magistrat.

Le fait que la fusillade a été filmée fut déterminant, dans cette enquête. En confrontant les images diffusées sur les réseaux sociaux, mais aussi celles de la vidéosurveillance, « cela permet d’avoir des précisions supplémentaires, notamment sur la physionomie des personnes, même si elles sont encagoulées, bien sûr », note le procureur.