Montpellier : Avec les aides et le boom des pistes cyclables, les habitants se sont-ils mis au vélo ?

MOBILITES « 20 Minutes » a recueilli les témoignages d'habitants qui ont sauté sur leur bicyclette

Nicolas Bonzom

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Un cycliste sur une nouvelle voie mixte ouverte aux vélos et aux bus
Un cycliste sur une nouvelle voie mixte ouverte aux vélos et aux bus — N. Bonzom / Maxele Presse
  • A Montpellier, se mettre au vélo est plus que tentant ces derniers mois.
  • Plusieurs habitants indiquent qu’ils ont investi ou projettent d’investir dans un vélo électrique, grâce aux aides. Mais aussi parce que les pistes cyclables se multiplient.
  • La hausse du nombre de cyclistes se lit notamment sur le totem, à Albert-1er, qui comptabilise tous les jours, depuis le 12 mars, tous les vélos qui passent par là.

Les Montpelliérains se sont-ils mis au vélo ? Avec la multiplication des pistes cyclables, les embouteillages monstres aux heures de pointe, le boom, depuis 2018, des prix du stationnement de longue durée, ou, plus récemment, les aides des collectivités pour s’acheter un vélo électrique, craquer pour une bicyclette s’avère plus que tentant à Montpellier (Hérault). 20 Minutes a recueilli des témoignages de lecteurs, qui ont choisi ces derniers mois de rouler (ou pas) à vélo.

Sandrine, qui habite « à 10 km de Montpellier », a investi, au printemps, dans un vélo électrique pliable. Depuis, dit-elle, « je me gare dans un quartier où le stationnement est gratuit, et je vais à vélo dans le centre-ville. Avant, je prenais la voiture, puis le tramway. » Mais, poursuit-elle, « je ne voulais plus prendre les transports en commun, dans lesquels il y a trop de monde aux heures de pointe ». Hélène réside à 9 km de l’Ecusson. Au déconfinement, elle a, elle aussi, investi dans une bicyclette électrique, « sans aide financière ». « Mais depuis que les jours raccourcissent, je prends le tramway, même si la promiscuité avec les autres passagers m’inquiète », souligne-t-elle.

« Sans aide », Alexandre n’aurait jamais envisagé d’investir dans un vélo électrique

Gwen a, elle, toujours fait du vélo, « pour le plaisir ». Mais ces dernières semaines, elle s’y est mise plus assidûment. « Comme il y a beaucoup de circulation, et que des pistes cyclables ont été créées, j’ai décidé d’aller déposer et chercher mes enfants à l’école à vélo, le matin et le soir, confie cette maman. Mais les pistes, c’est encore la galère. Les gens n’ont pas compris qu’elles étaient réservées aux cyclistes. Des scooters les empruntent, parfois à contre-sens. Des voitures s’y garent. » C’est parfois dangereux, assure la Montpelliéraine, qui s’est « déjà fait renverser dès la première semaine ».

Un vélo à Montpellier.
Un vélo à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

Alexandre s’est mis dernièrement « 100 % » au vélo. Parce que c’est « écologique », dit-il, mais aussi parce que c’est beaucoup plus rapide que la voiture ou le tramway pour ses trajets quotidiens. « Et avec les nouvelles pistes, ça roule super bien, et c’est bien sécurisé, assure ce médecin. Ça permet aussi de faire une activité physique quotidienne, pour la santé, c’est très bien. » Et puis, ajoute Alexandre, la bicyclette, ça ne coûte « ni essence, ni ticket de tramway ». Le Montpelliérain a prévu, par ailleurs, de profiter des aides, proposées par la métropole, le département ou la région, pour acheter un vélo électrique. « Sans l’aide, je ne l’aurais pas envisagé », reprend-il.

« La voiture est bannie »

Anne a elle aussi décidé, avec les aides des collectivités, d’investir dans un biclou électrique. « Ce sont vraiment les 500 euros de la métropole qui m’ont décidée, confie-t-elle. J’ai découvert les autres aides après. En tout, j’ai droit à 950 euros. » Cette Montpelliéraine, qui s’est promis de laisser un peu plus sa voiture au garage qu’avant, se met, elle aussi, au vélo « pour faire un exercice physique quotidien ». « Même avec l’assistance électrique, il paraît que c’est le cas, on va voir ! », note-t-elle. Et puis, aussi, un vélo, dit-elle, ce sont des économies, et moins de pollution. Erik, lui, « aurait bien investi dans un vélo durable ». Mais il n’a pas franchi le cap. « La voiture est bannie depuis que la taille des pistes cyclables est devenue incommensurable », soupire-t-il.

A Montpellier, l’association Vélocité, qui se bat aux côtés des cyclistes, prend la mesure, depuis des mois, du boom du nombre de vélos. « Il y a de plus en plus de pratiquants, on le voit très bien dans la rue, et les arceaux à vélo sont de plus en plus remplis, note Nicolas Le Moigne, de l’association Vélocité, qui a lancé la plate-forme Tous à vélo, pour recueillir les attentes des cyclistes montpelliérains en matière d’infrastructures. « On le sent aussi au niveau de la synergie associative : Vélocité avait une centaine d’adhérents il y a deux ans, ils sont aujourd’hui plus de 1.000, reprend le militant associatif. On le voit aussi chez les marchands de vélo, qui sont en rupture ! »

Le boom du nombre de cyclistes se lit sur le totem à Albert-1er

La hausse du nombre de bicyclettes se lit notamment sur le totem de comptage, qui se trouve à Albert-1er. Ce panneau, bardé de capteurs, garde en mémoire, depuis le 12 mars dernier, les vélos qui passent sur la piste cyclable où il est installé. Ainsi, le premier jour, avant que le premier confinement ne soit instauré, le totem avait compté 1.536 vélos sur la journée. Au printemps, en raison de la première vague de l’épidémie, le chiffre a chuté, mais est remonté en flèche à la rentrée : le 7 septembre, le totem a compté 2.249 vélos, puis 2.629 le 15 septembre. En réalité, poursuit Nicolas Le Moigne, ils seraient beaucoup plus. « De très nombreux vélos qui passent à Albert-1er ne sont pas comptés par le totem, car ils passent sur le trottoir ou sur la route », reprend-il.

D’autres habitants, en revanche, n’ont pas lâché leur voiture et n’ont pas du tout prévu d’investir dans un vélo. C’est le cas de Géraldine, qui reste fidèle à sa voiture, bien plus adaptée à son quotidien qu’une bicyclette, indique-t-elle. « J’habite à l’extérieur de la ville, et des enfants à déposer à droite et à gauche avant d’aller travailler », confie l’Héraultaise. Alors, en bicyclette, se dit-il, ce serait bien moins pratique.

Les vols, un fléau à Montpellier

Mais il y a autre chose qui freine certains habitants à se mettre au vélo : les vols. En 2019, selon les chiffres communiqués par les services de police à 20 Minutes, 1.262 vols de bicyclette ont été constatés, et 27 élucidés. A ceux-là s’ajoutent 150 vols de vélos électriques, dont seuls deux ont été élucidés. Mais ce n’est sans doute qu’une part de la réalité : nombreux sont les Montpelliérains qui ne déposent jamais plainte.

Selon le dernier Baromètre des villes cyclables, les vols sont l’un des principaux problèmes rencontrés par les usagers à Montpellier, loin devant la sécurité ou le réseau des pistes cyclables. « Il est vrai que ça m’a fait un peu hésiter avant de me mettre au vélo, note Gwen. Mais j’ai investi dans deux anti-vols, un U et un traditionnel. »