Hérault : Une maison abandonnée, occupée par des opposants à un tronçon routier, a été évacuée et démolie

MILITANTS Plusieurs personnalités d’extrême gauche ont dénoncé cette évacuation manu militari

N.B.

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Un gendarme (illustration)
Un gendarme (illustration) — Mourad Allili / Sipa

Le 16 octobre, des militants du collectif SOS Oulala, des groupes locaux d’Extinction Rebellion, de Greenpeace et d’Action non-violente (ANV) avaient ouvert, dans une maison abandonnée près de Combaillaux (Hérault) une « zone à défendre » (ZAD). Cette bâtisse était située sur le chantier du Lien, un contournement routier porté par le département de l’Hérault, dont le dernier tronçon est en projet.

Jeudi, les militants ont été évacués, lors d’une opération encadrée par les gendarmes. Et la maison a été détruite. Selon ANV, trois personnes ont été placées en garde à vue.

Sollicité par 20 Minutes, le parquet de Montpellier indique ce vendredi, par ailleurs, qu'une enquête pour « faux et usage de faux » et « escroquerie » a été confiée aux gendarmes, « dans le cadre de l’ouverture d’une ligne électrique ». Une personne a été placée en garde à vue et plusieurs autres ont été entendues librement.

« Pourquoi utiliser la force ? »

Plusieurs personnalités d’extrême gauche ont fait part de leur indignation, jeudi, après l’évacuation manu militari des opposants au Lien. « Nous regrettons que l’usage de la force publique ait été privilégié au dialogue avec les associations concernées », souligne René Revol (LFI), maire de Grabels et vice-président de la métropole de Montpellier. « C’est inacceptable, confie la députée Muriel Ressiguier (LFI). Pourquoi utiliser la force, plutôt que le dialogue ? Drôle de conception de la démocratie. »

« Nous condamnons que, face à la volonté des citoyens, l’utilisation de la force s’installe chaque fois un peu plus depuis le mandat Hollande : la démocratie ce n’est pas juste les scrutins pour rester au chaud, la démocratie, ce n’est pas étouffer les mobilisations citoyennes à coups de bulldozer », gronde le mouvement Nous Sommes.

Dans un communiqué, le département n'évoque pas directement l'évacuation des militants anti-Lien. La collectivité défend, en revanche, son projet, qu'elle juge utile pour « fluidifier la circulation au nord de l’agglomération de Montpellier ». Le département note également qu'il « a pris des engagements forts en matière de préservation de l’environnement autour du projet du Lien », notamment au niveau de la protection de la faune et de la flore, de la protection sonore ou des ressources en eau. Enfin, le dernier tronçon « a fait l’objet de dix années de concertation et procédures, et a obtenu toutes les autorisations administratives nécessaires », poursuit le département, qui précise avoir notamment eu le feu vert du Conseil national de protection de la nature en 2018.