Montpellier : Quel bilan, un mois après la mise en place de la gratuité du tramway le week-end ?

TRANSPORTS Selon la métropole, la hausse de la fréquentation est de 8 à 10 %

Nicolas Bonzom
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Le tramway à Montpellier (illustration).
Le tramway à Montpellier (illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Depuis le 5 septembre dernier, prendre le tramway le week-end est gratuit pour tous les habitants de la métropole de Montpellier.
  • La fréquentation du réseau du tramway a bondi de 8 à 12 % le week-end par rapport à 2018, depuis la mise en place de la gratuité dans la capitale de l’Hérault.
  • En 2021, la gratuité sera étendue, tous les jours, aux moins de 26 ans et aux plus de 65 ans, et en 2023, à tous les habitants de la métropole.

Depuis le 5 septembre dernier, prendre le tramway le week-end est gratuit pour tous les habitants de la métropole de Montpellier (Hérault), première étape de la mesure phare du maire  Michaël Delafosse (PS), qui a occupé tous les débats pendant la campagne des municipales. Un mois après, quel est le bilan ?

La fréquentation du réseau a bondi de 8 à 12 % le week-end par rapport à 2018, depuis la mise en place de la gratuité. Pour caractériser cette hausse, la métropole a cependant tenu compte de l’impact que l’épidémie de Covid-19 a eu sur l’usage du tramway : une baisse d’environ 30 % du trafic. Mais malgré la crise sanitaire, la hausse est bien là, se réjouit Julie Frêche (PS), vice-présidente de la métropole déléguée aux transports.

Alerte orange et « gilets jaunes »

D’autant plus que ces dernières semaines, à Montpellier, « nous avons connu un samedi marqué par une manifestation de "gilets jaunes", qui a occasionné une interruption du réseau, et une alerte orange, explique l’élue à 20 Minutes. Tout cela a forcément eu un impact fort sur la fréquentation. Nous sommes satisfaits de cette hausse, d’autant plus que nous n’avons constaté aucun problème de sécurité. Nous sommes souvent sollicités par des cabinets d’études à ce sujet, nous faisons un peu office de pionniers. C’est la première fois, sur un tel réseau, que la gratuité est mise en place. »

Depuis le 5 septembre, 38.000 « pass week-end gratuits » ont été délivrés aux habitants de la métropole. Principalement sur l’application M’Ticket, mais aussi sur le site Web de la Tam, ou dans les agences commerciales. « Pour aller faire du shopping à Odysseum ou me promener dans le centre-ville le week-end, j’ai laissé ma voiture au garage et j’ai pris le tramway », se réjouit une habitante d’une commune limitrophe. « Ce sera surtout intéressant financièrement quand ce sera gratuit tout le temps », note un Montpelliérain. Il faudra patienter un peu : en 2021, la gratuité sera étendue, tous les jours, aux moins de 26 ans et aux plus de 65 ans, et en 2023, à tous les habitants de la métropole.

Ça coince au niveau de la remise sur les abonnements

Dans l’opposition municipale, ça coince cependant au niveau des abonnements. Pour accompagner la gratuité le week-end, la Tam accorde une remise de 10 % aux abonnés. Ce n’est pas assez, pour la conseillère municipale Alenka Doulain (Nous sommes). « Ce sont bien les abonnés réguliers de la Tam qui financent la gratuité des transports le week-end, gronde le mouvement. La baisse de 10 % n’est pas à la hauteur des attentes, et apparaît largement insuffisante. La justice sociale, pour des usagers qui ont déjà fait le choix de renoncer à la voiture au quotidien, ça aurait été une baisse de 28 % des abonnements. » Pour Julie Frêche, ce chiffre ne correspond pas à la réalité des déplacements des abonnés. « Nous avons une étude claire à ce sujet, la part des déplacements le week-end représente à peu près 10 %. On ne peut pas procéder à des réductions qui ne correspondent pas à la réalité. »

Quant au coût brut de la gratuité le week-end, il est de 1,3 million d’euros. « Cela correspond à peu près au coût que représentait l’heure gratuite dans les parkings, mise en place par l’ancienne majorité, soit 1,2 million d’euros », confie l’élue. Une première heure gratuite qui profitait aux automobilistes que la nouvelle équipe a stoppé. Comme un symbole du changement de cap sur la politique des transports à Montpellier.