Montpellier : Combien manque-t-il de policiers pour faire face à « la dégradation sécuritaire » ?

SECURITE Une demi-compagnie de CRS a été récemment affectée, les vendredis et samedis

Nicolas Bonzom

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Une voiture de police sur la place de la Comédie (illustration)
Une voiture de police sur la place de la Comédie (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Si le ministère de l’Intérieur a dépêché chaque vendredi et samedi une demi-compagnie de CRS à Montpellier, il manque encore des effectifs.
  • Selon le syndicat Alliance Police nationale 34, il en manque une quarantaine.
  • Le patron des policiers de l’Hérault, Yannick Blouin, concède qu’il en manque une « petite trentaine », notamment pour le service de nuit et le centre-ville.

Le 30 septembre, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, annonçait, sur Twitter, l’affectation d’une « demi-compagnie de CRS », soit plus d’une trentaine de policiers, à Montpellier (Hérault). Mais seulement les vendredis et les samedis.

Deux jours plus tôt, Michaël Delafosse (PS) et des parlementaires du département avaient été reçus à la place Beauvau, à la suite d'un courrier envoyé par l'élu, le 21 août dernier, au ministère de l’Intérieur. Dans sa missive, le maire de Montpellier réclamait des effectifs supplémentaires, pointant du doigt « la dégradation sécuritaire touchant la métropole (…) et plus particulièrement Montpellier », exposée à « une très forte hausse des actes délictuels et criminels (…) Des groupes mafieux ont investi certains secteurs, entraînant des règlements de compte toujours plus violents. »

800 policiers à Montpellier

Aujourd’hui, il y a 800 policiers, tous services confondus, à Montpellier. Une vingtaine de gardiens de la paix supplémentaires avaient été affectés en septembre 2018, tandis que la Mosson était classée en « quartier de reconquête républicaine ». Depuis, plus rien.

Mais face « la dégradation sécuritaire » à Montpellier, une « demi-compagnie de CRS » de plus, deux jours par semaine, est-ce suffisant ? « Sûrement pas, mais c’est un bon début pour la paix publique », pour le syndicat Unité SGP Police 34. « L’idéal, ce serait que l’on reçoive, au plus bas, 30 policiers nationaux de plus à Montpellier », note son représentant à Montpellier, Bruno Bartoccetti. Pour Joseph Galera, secrétaire départemental adjoint du syndicat Alliance Police nationale 34, il manque une quarantaine de policiers à Montpellier. « Si c’est 50, c’est encore mieux », confie-t-il. « Depuis deux ans, la population a augmenté, les infractions aussi, note Joseph Galera. Pour les collègues sur la voie publique ou en investigations, c’est très compliqué. »

« Il m’en manque une petite trentaine »

De son côté, Yannick Blouin, le patron des policiers de l’Hérault, concède qu’il manque à Montpellier six agents pour compléter le service de nuit de « police secours », quelques-uns de plus pour épauler le Groupement de sécurité de proximité dans le centre-ville, ainsi que d’autres, dans le cadre d’une compagnie d’intervention. « Il m’en manque une petite trentaine » au total, note-t-il. Pas très loin des estimations des syndicats.

Mais au-delà des enjeux d’effectifs, Yannick Blouin a engagé, le 14 septembre, une révolution dans l’Hérault, afin de réorganiser l’action des policiers et d’en redéployer certains sur le terrain. Au profit, notamment, de l’accentuation des interventions sur la voie publique. Une réforme mise en place « à moyens constants, voire en légère déflation », en raison des départs à la retraite, confie le patron des policiers.

Parmi les priorités de cette réforme, le centre-ville de Montpellier. Car dans l’Ecusson, la hausse de l’insécurité ne semble pas n’être qu’un sentiment. Le patron des policiers de l’Hérault en fait même une cible de « reconquête territoriale ». Selon Yannick Blouin, la situation « s’est dégradée » dans le cœur de Montpellier, ce qui « n’est pas le cas à Agde ou Béziers ». « Le centre-ville, c’est-à-dire l’Écusson et les quartiers périphériques comme la gare, Figuerolles ou Gambetta, reste une priorité absolue, souligne-t-il. La moitié des faits de délinquance à Montpellier est commise dans ce secteur. » Contre un sur cinq dans le quartier de la Mosson. « Il faut que l’on y soit encore plus présent, et encore plus visible. » Avec des policiers supplémentaires ?