Montpellier : A la Paillade, des marchés sauvages de fruits et légumes fragilisent les commerçants

COMMERCE La police est intervenue deux fois, ces dernière semaines, dans le quartier

Nicolas Bonzom
L'un de ces marchés sauvages, à la Paillade
L'un de ces marchés sauvages, à la Paillade — S. G.
  • A la Paillade, à Montpellier, des marchés sauvages s’installent régulièrement, depuis plusieurs années, sur l’espace public, sans aucune autorisation.
  • Ces dernières années, deux d’entre eux ont été démantelés par les policiers.
  • Les commerçants du quartier pointent du doigt une « concurrence déloyale ».

Depuis trois ans, des vendeurs à la sauvette, qui n’ont aucune autorisation pour déballer leurs marchandises, écoulent leurs stocks de fruits et de légumes à la Paillade, à Montpellier (Hérault). Ils débarquent en camions, déchargent leurs cartons sur l’espace public, et vendent leurs produits à des clients attirés par leurs prix cassés.

Le 5 septembre, sous l’autorité du parquet, policiers nationaux et municipaux ont ciblé l’un de ces marchés sauvages, et ont saisi trois camions, « une quantité importante d’argent liquide », indique la mairie, et cinq tonnes de marchandises, qui ont été redistribuées à des associations. Sauf les fruits et les légumes impropres à la consommation, qui ont été détruits. Mais ce n’est pas la première fois que la police s’attaque à ces vendeurs. Le 22 août, déjà, une opération similaire avait permis de saisir, dans ce même quartier, deux camions et 15 tonnes de denrées alimentaires.



« J’avais une employée le week-end, j’ai dû l’arrêter »

Pour les commerçants de la Paillade, qui dénoncent une « concurrence déloyale » ces marchés illégaux qui durent depuis plusieurs années sont une véritable « catastrophe ». « En trois ans, ils se sont fait une clientèle, explique Stéphane Gayraud, maraîcher et représentant des commerçants des halles de la Paillade. Ils ont parfois plus de monde à l’extérieur que nous, dedans. On ne peut pas s’imaginer, si on ne le voit pas, le nombre de personnes qui achètent sur ces marchés sauvages… Nous, nous payons des loyers, des charges. J’avais une employée le week-end, j’ai dû malheureusement l’arrêter. »

Et malgré les opérations menées par la police ces dernières semaines, Stéphane Gayraud craint qu’ils « ne reviennent ». « Leur business est tellement juteux, que ça ne va pas s’arrêter du jour au lendemain, malheureusement », reprend le commerçant montpelliérain. « Pour les commerçants du quartier, c’est l’asphyxie », ajoute Jean-Pierre Touchat, le président du Syndicat des halles et des marchés de Montpellier.

D’Espagne

Mais qui sont ces vendeurs à la sauvette ? Difficile de le savoir précisément. « Il ne semble pas s’agir de groupes structurés, mais de personnes venant d’Espagne, et qui vendent sans aucun droit des fruits et légumes en provenance de ce pays sur un marché improvisé », indique à 20 Minutes Fabrice Bélargent, le procureur de la République de Montpellier. « En plus, on ne connaît pas du tout l’origine de ces marchandises, cela pose des problèmes en termes de risques sanitaires », reprend Jean-Pierre Touchat.

Pour le maire Michaël Delafosse (PS), ces étals improvisés sont « scandaleux ». Car en plus de déstabiliser les commerçants du quartier, souligne-t-il, ces maraîchers sans autorisation « vendent à des gens qui sont dans la détresse des produits » dont « une partie non négligeable était avariée ». « Cela faisait trop longtemps que ça durait », gronde l’élu. Les opérations de démantèlement de ces marchés illégaux sont d’ailleurs « appelées à se renouveler », indique, de son côté, le procureur de la République.