Montpellier : Les associations dénoncent l'évacuation d'un squat de réfugiés « sans solution de relogement »

SOCIETE L'ancien centre de vaccination était occupé par 100 à 200 migrants

N.B. avec AFP

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Illustration d'une voiture de police.
Illustration d'une voiture de police. — C. Allain / 20 Minutes

Plusieurs dizaines de personnes ont été évacuées lundi d’un grand squat du quartier Euromédecine, à Montpellier (Hérault). Selon la préfecture de l'Hérault, « 90 personnes occupaient les lieux, en grande majorité de sexe masculin » dont 10 « en situation irrégulière ont été prises en charge par la police aux frontières ».

« Les services de la police nationale, de la DDCS (Direction départementale de la cohésion sociale) et les sapeurs-pompiers de l’Hérault ont été mobilisés pour organiser l’évacuation des locaux et prendre en charge les éventuelles familles avec enfants et les personnes vulnérables, précise la préfecture de l’Hérault, dans un communiqué. Il ressort de l’évacuation réalisée que le squat était très majoritairement occupé par des hommes seuls. Les deux familles recensées se sont vues proposer une solution d’hébergement et une évaluation de leur situation administrative et sociale. »

« Nous dénonçons cette expulsion »

Cet ancien centre de vaccination était occupé depuis le début de l’année 2019 par 100 à 200 migrants après une « réquisition citoyenne » de l’association Solidarité Partagée. « Le lieu d’accueil d’urgence que nous organisons et où nous logeons 250 réfugiés en permanence à Montpellier, vient d’être expulsé sans aucune solution de relogement », a dénoncé l’association, appelant à un rassemblement devant la préfecture.

Les associations mettent en avant la difficulté à se loger à Montpellier, où la pression démographique et immobilière est particulièrement intense, et les dangers à remettre à la rue des dizaines de personnes par temps de pandémie. « Aucune solution pérenne n’est envisagée pour les personnes qui se retrouvent à la rue, indique un groupement d’associations, ainsi que Muriel Ressiguier (FI), députée de l’Hérault, dans un communiqué. Il a été proposé d’appeler le 115 qui n’a pas de place disponible (…) Quatre à huit places d’hôtel devraient être proposées. Nous dénonçons cette expulsion. »

Selon la préfecture, l’occupation du lieu « bloquait » le propriétaire, l’Institut Bouisson Bertrand, une fondation de la faculté de médecine « dans la réalisation de travaux d’un lieu d’hébergement pour les familles de malades, et d’hospitalisation de jour ».