Languedoc : Cascades de Sautadet, pont du Diable... Ces rivières où les baigneurs prennent tous les risques

NOYADES Plusieurs accidents ont eu lieu depuis le printemps, notamment dans le Gard

Nicolas Bonzom

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Le pont du Diable, dans les gorges de l'Hérault, depuis lequel sautent régulièrement des baigneurs, malgré les interdictions
Le pont du Diable, dans les gorges de l'Hérault, depuis lequel sautent régulièrement des baigneurs, malgré les interdictions — FRILET/SIPA
  • Dans le Gard et l’Hérault, plusieurs lieux, pourtant dangereux et parfois interdits, sont investis par des baigneurs, qui n’hésitent pas à prendre tous les risques.
  • Sur certains sites, comme les cascades de Sautadet ou le pont du Diable, les accidents mortels sont réguliers, malgré les appels à la vigilance et les interdictions.

Depuis le printemps, les cas de noyades se multiplient, dans les rivières du Gard. Dans ce département, qui n’a qu’une dizaine de kilomètres de plages, habitants et touristes se pressent sur les berges des cours d’eau pour se rafraîchir. Et investissent, parfois, des sites réputés dangereux, où les accidents sont courants.

Le 27 mai, un quadragénaire est décédé après s’être noyé dans le Gardon, à Comps. Le 17 juin, un adolescent de 16 ans est mort, alors qu’il se baignait dans les cascades de Sautadet, à la Roque-sur-Cèze. Le 26 juin, à Collias, c’est un jeune homme de 19 ans qui a perdu la vie, après avoir sauté d’un pont et coulé à pic. D’autres s’en sont tirés, mais allongent encore un peu plus la liste des nombreuses interventions des secours dans les rivières du coin. Près d’Anduze, le 29 mai, un homme de 21 ans, en difficulté alors qu’il se baignait, était sorti de l’eau par un témoin. Le 1er juillet, un adolescent de 14 ans, qui barbotait au Pont noyé, à Mialet, a été sauvé par les sapeurs-pompiers.

24 victimes aux cascades de Sautadet

Dans le Gard, ce sont les cascades de Sautadet qui font l’objet de toutes les attentions des autorités. L’adolescent mort en juin est la 24e victime qui a perdu la vie sur ce site depuis 1983, précise la préfecture du Gard. Pourtant, « la baignade [y] est strictement interdite » depuis le début des années 2000, du pont Charles-Martel jusqu’au canyon. On peut seulement se tremper en aval des cascades, à l’endroit où la Cèze reprend son lit.

« Des forces de sécurité sont déployées chaque année pour faire respecter les interdictions et sécuriser les cascades du Sautadet », précise le préfet Didier Lauga, qui appelle à « la vigilance et au respect de la réglementation sur ce site très fréquenté durant la période estivale ». « Les cascades du Sautadet sont clairement le site le plus dangereux du département, indique Eric Agrinier, commandant des sapeurs-pompiers du Gard. Malgré l’affichage extrêmement précis mis en place, qui explique les interdictions, il y a des inconscients qui se mettent à l’eau, alors que l’on sait que les courants tourbillonnants sont vraiment dangereux, et provoquent chaque année des décès. »

Le tristement célèbre pont du Diable

D’autres sites naturels du Gard sont régulièrement le théâtre d’accidents. Notamment le Gardon, « quand des personnes sautent des rochers sans avoir fait de reconnaissance au préalable, ou parce que le site a évolué, et parfois, sautent dans des endroits peu profonds, et se causent des traumatismes importants », reprend Eric Agrinier.

Le Gardon (illustration)
Le Gardon (illustration) - CRISTOFANI MARTINA/BNT/SIPA

Dans l’Hérault, c’est un site en particulier qui alimente régulièrement en faits divers les colonnes des journaux du coin : le bien nommé pont du Diable, près de Saint-Jean-de-Fos. Des amateurs de sensations extrêmes s’y retrouvent, et sautent, pour certains, du haut de la passerelle, à 18 m de la rivière. Malgré les interdictions et les accidents. Le 21 juillet 2019, un jeune homme de 21 ans n’a pas survécu à l’impact. Le 2 septembre 2019, un adolescent de 14 ans a été retrouvé mort dans le fleuve, sous le pont, victime d’une noyade. Les derniers d’une longue liste de victimes de ce pont maudit.

Un poste de secours des sapeurs-pompiers

« Touristiquement, c’est un lieu très connu, note le colonel des sapeurs-pompiers de l’Hérault, Jérôme Bonnafoux. C’est un site qui est classé, et en termes de signalétique, on ne peut pas faire ce que l’on veut. Beaucoup s’amusent à sauter du pont, bien que ce soit strictement interdit, et parfois, il y a des accidents, notamment quand il n’y a pas trop d’eau. Le fleuve peut s’avérer lui-même dangereux, lorsqu’il y a du courant. »

Les sapeurs-pompiers ont un poste de secours, sur ce site. « Il est ouvert l’été, de 11 h à 18 h 30, reprend Jérôme Bonnafoux. Et souvent, les accidents, c’est avant l’ouverture, ou après la fermeture. » Les sapeurs-pompiers rappellent, alors que les vacances démarrent, les règles élémentaires à respecter avant d’aller se rafraîchir : choisir des zones de baignade autorisées et surveillées, savoir nager, tenir compte de son état de forme, rester auprès de ses enfants lorsqu’ils se baignent. Et rester prudent.