Montpellier : D'où viennent ces perruches qui ont élu domicile dans le centre-ville ?

ANIMAUX Une étude a été lancée pour mieux comprendre cette espèce, dont la population est estimée à plus de 500 dans la capitale de l'Hérault

Nicolas Bonzom

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Une perruche à collier, à Montpellier
Une perruche à collier, à Montpellier — Claire Rougier
  • A Montpellier, selon un dernier comptage, il y aurait 554 perruques à collier en liberté.
  • Une étudiante en écologie a entrepris d'étudier leurs comportements.
  • Ces oiseaux vivent principalement dans les grands parcs du centre-ville.

A Montpellier (Hérault), en levant les yeux au ciel, il n’est pas rare d’apercevoir des perruches à collier se balancer sur des fils électriques. Cette espèce aurait colonisé la ville depuis environ 25 ans. En contrat d’apprentissage au zoo de Lunaret, Claire Rougier, étudiante en Master d’écologie, a entamé une enquête, la toute première, pour mieux connaître cette population qui égaye les déjeuners au soleil des Montpelliérains.

« Le zoo avait déjà reçu de nombreux mails d’habitants, qui se demandaient pourquoi ils avaient relâché des perruches ! », sourit Claire Rougier. Non, à Montpellier, ce n’est pas le zoo qui a laissé s’envoler ces volatiles, admirés pour leurs splendides robes vert pomme ou bleu ciel. Mais il s’agit, c’est vrai, d’une espèce d’origine afro-asiatique, sédentaire, qui a été importée par l’homme partout dans le monde, à la faveur de relâchages accidentels qui ont entraîné la création de populations locales. Comme à Bruxelles, où plusieurs dizaines se sont envolées d’un parc dans les années 1970.

Vendues sur les marchés sous l’Empire Romain

« En fonction des territoires, il y a des historiques différents, confie Claire Rougier. A Montpellier, aucun événement d’introduction majeur n’a été documenté. Cela s’est fait de manière plus diffuse. Au IVe siècle avant J.C., des perruches d’Asie étaient vendues sur les marchés en mer Méditerranée sous l’Empire Romain. Sur le pourtour méditerranéen, cela fait donc très longtemps qu’il y a des perruches échappées. Et comme dans certaines villes, les populations sont devenues très importantes, bien qu’elle ne soit pas migratrice, la perruche s’est déplacée, elle est allée dans une ville voisine pour trouver un nouveau site de reproduction. C’est sans doute ce qu’il est arrivé à Montpellier. »

Une perruche à collier, à Montpellier
Une perruche à collier, à Montpellier - Claire Rougier

Sans doute y a-t-il aussi, à Montpellier, des perruches qui se sont tout simplement envolées de leurs cages, chez des particuliers, et qui ont trouvé refuge parmi la population sauvage. Dans la capitale héraultaise, la population de perruches à collier est estimée à 554, selon le dernier décompte, effectué en janvier dernier. On en trouve aussi dans d’autres villes du pourtour méditerranéen, à Marseille, Nîmes ou Sète.

Dans les parcs du centre-ville

« Partout en Europe, on les trouve plutôt dans des zones périurbaines, à Montpellier, c’est plutôt dans le centre-ville, détaille l’étudiante en écologie. Ce n’est pas parce qu’elles aiment le béton, mais parce qu’à Montpellier, même dans le cœur de la ville, il y a énormément de parcs et de jardins. Les perruches vont dans de grands jardins, avec de vieux arbres, car elles recherchent des cavités qui se situent au minimum à huit mètres de haut. Avec, c’est très important, un point d’eau à proximité, soit des étangs, des fleuves. Et pour se nourrir, elles recherchent notamment des arbres fruitiers. A Montpellier, on en trouve par exemple au parc Rimbaud ou au parc Méric. »

L’étude de Claire Rougier est prévue jusqu’à la fin du mois d’août. Il n’est pas donc pas exclu que l’on perce encore quelques-uns des secrets les mieux gardés de ces oiseaux.