Montpellier : Un nano-satellite capable de mieux prévoir les épisodes cévenols

INTEMPERIES Robusta 3A Méditerranée va permettre de mesurer la vapeur d'eau en mer en direct

Nicolas Bonzom

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Le nanosatellite en cours de conception au Centre spatial universitaire de Montpellier (à droite)
Le nanosatellite en cours de conception au Centre spatial universitaire de Montpellier (à droite) — Fondation Van Allen
  • Le nouveau nano-satellite du Centre spatial universitaire de Montpellier pourrait apporter une aide précieuse pour la détection des épisodes cévenols.
  • Il sera capable de mesurer en temps réel l’intensité de la vapeur d’eau.
  • Des capteurs seront embarqués sur des ferries ou des cargos qui transportent, par exemple, des voyageurs, en Méditerranée, depuis le port de Sète.

Au Centre spatial universitaire (CSU) de Montpellier (Hérault), on peaufine la conception d’un nouveau nano-satellite, qui pourrait apporter une aide précieuse pour la détection des épisodes cévenols, qui frappent régulièrement le golfe du Lion.

Ce petit cube de 30 cm de long, baptisé Robusta 3A Méditerranée, sur lequel ont travaillé une centaine d’étudiants, sera capable de mesurer en temps réel l’intensité de la vapeur d’eau. Un indice essentiel pour prévoir l’imminence d’intempéries.

Deux étudiants fabriquent un nanosatellite.
Deux étudiants fabriquent un nanosatellite. - N. Bonzom / Maxele Presse

« Aller chercher l’information là où les épisodes cévenols se forment »

« Les épisodes cévenols, c’est tout simplement de la vapeur d’eau qui se forme au-dessus de la Méditerranée, le vent la ramène sur les Cévennes, et ça nous tombe sur la tête, explique Laurent Dusseau, le directeur du CSU, qui est soutenu par la fondation Van Allen. Mesurer la quantité de vapeur d’eau pour prévoir les intempéries, on sait faire. Cela se fait, mais à partir de capteurs qui se trouvent sur le continent. L’idée, c’est d’aller chercher l’information là où les épisodes cévenols se forment, en mer. »

Mais il n’est pas question d’affréter des bateaux spécialement pour le projet : les capteurs seront embarqués sur des ferries ou des cargos qui transportent, par exemple, des voyageurs, en Méditerranée, entre le port de Sète et le Maghreb, Barcelone ou la Turquie. Sur les bateaux, les capteurs collecteront des données et les transmettront via le nano-satellite à la station sol du CSU, puis aux partenaires, comme Météo France.

« Si on s’aperçoit que cela permet d’améliorer les prévisions, cela pourrait devenir, à terme, un système opérationnel », espère Laurent Dusseau. Pour les pays de la Méditerranée, mais aussi pour d’autres régions du globe.