Coronavirus en Occitanie : Dans les parcs animaliers, la vie continue malgré le confinement

CONFINEMENT Les visiteurs ne sont plus là, mais les équipes continuent à prendre soin de leurs pensionnaires

Nicolas Bonzom

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A la Réserve africaine de Sigean (illustration)
A la Réserve africaine de Sigean (illustration) — LODI FRANCK/SIPA
  • Dans les parcs animaliers, les soins aux animaux se poursuivent, en dépit de l'absence des visiteurs.
  • Plus réactifs ou moins dynamiques... Certains soigneurs ont remarqué des changements de comportement, chez les bêtes.

Dans les parcs animaliers, il règne un calme inhabituel depuis la mise en place du confinement. Seuls les soigneurs sont toujours là, pour veiller à ce que les bêtes ne manquent de rien. En respectant, évidemment, les gestes barrières entre les employés.

« Confinement ou non, les soins apportés aux animaux n’ont pas changé, confie Nicolas Hirel, le conservateur de Planet Ocean, à Montpellier, dans l’Hérault. Les soigneurs animaliers organisent toujours leur journée en prodiguant les mêmes soins, la même attention et la même vigilance à l’expression des comportements naturels des animaux. Les vétérinaires restent eux aussi disponibles par téléphone en cas de besoin. »

« Les soins sont les mêmes que d’habitude »

A la Réserve africaine de Sigean, dans l’Aude, Gabriel de Jesus, le responsable de la communication du site, abonde en ce sens. « Les soins du quotidien sont exactement les mêmes que d’habitude, confirme-t-il. Par ailleurs, la période clémente du printemps permet que l’activité vétérinaire soit calme. Il n’y a donc que peu de soins vétérinaires en cours actuellement. » « Nous avons réalisé un stock alimentaire afin de parer à d’éventuels futurs soucis d’approvisionnements et de livraisons », précise-t-on du côté du Petit Paradis, une ferme pédagogique à Vendargues, dans l’Hérault.

Face à l’absence des visiteurs, certains parcs ont cependant noté quelques changements de comportement, chez les animaux. A la Ferme aux crocodiles, à Pierrelatte, dans la Drôme, tout près de la frontière gardoise, depuis la fermeture au public, les soigneurs ont constaté que les animaux étaient plus réactifs : « Dès que nous nous approchons du bassin, les crocodiles nous suivent comme si nous allions les nourrir. Les hérons, de nature timide, s’approchent davantage », explique Geoffray, l’un des soigneurs du parc.

« Leur attitude n’est pas la même »

A Valras-Plage, dans l’Hérault, le dresseur Michel Cassan, gérant d’une association équestre de renom, a lui aussi remarqué des changements de comportement chez ses chevaux. Aucun public ne vient, depuis un mois, applaudir ses pensionnaires lors de spectacles dont il a le secret. « C’est triste, il n’y a plus de spectacle, il n’y a plus de public. Et je ressens ce que mes chevaux ressentent, confie Michel Cassan. Et ils ressentent qu’il y a quelque chose de pas normal qui se passe. Bien que l’on fasse comme si rien n’était, on dégage un petit truc qui fait qu’ils le sentent. Leur attitude n’est pas la même. Ils ne sont pas dynamiques comme ils le sont d’habitude. »

Le cavalier a même remarqué la présence de quelques invités dans son centre équestre. « Quand la nuit tombe, d’habitude, je vois arriver plusieurs dizaines de lapins sauvages, reprend le dresseur héraultais. La journée, maintenant, j’en ai autant, comme s’ils avaient compris qu’il n’y avait plus personne aujourd’hui. C’est très rare. Comme si, de leurs terriers, ils avaient senti que la vie avait changé. C’est fou ! »

« Les animaux vaquent à leurs occupations »

Ailleurs, en revanche, les pensionnaires poursuivent leur vie, comme si rien n’avait changé, loin des turpitudes de la crise sanitaire. « Les animaux vaquent à leurs occupations habituelles sans se préoccuper de s’il y a des visiteurs ou pas, indique-t-on, à la Réserve africaine de Sigean. Selon les périodes parfois il peut y avoir très peu, voire pas du tout de visiteurs. Cela ne change donc pas pour les animaux. »

« Planet Ocean a déjà connu des périodes de fermeture prolongée par le passé, pour des travaux par exemple, souligne de son côté Nicolas Hirel, le conservateur de l’aquarium montpelliérain. Concernant les manchots, par exemple, l’intérêt pour ce qui se passait côté visiteurs, car les visiteurs peuvent être une source d’intérêt, disparaissait rapidement au profit de relations plus centrées sur le groupe. À la réouverture au public, les manchots retrouvaient alors une nouvelle source d’intérêt ! »