Montpellier : Six interpellations lors du Karnaval des gueux, qui s’est déroulé sans heurts ni dégâts

SOUS SURVEILLANCE Les années précédentes, des affrontements avaient eu lieu entre forces de l’ordre et participants

Nicolas Bonzom

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Le Karnaval des gueux, en 2013.
Le Karnaval des gueux, en 2013. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Six interpellations ont eu lieu lors du Karnaval des gueux, à Montpellier.
  • Cependant, on ne déplore ni heurts, ni dégradations, ni blessé dans le centre-ville de la capitale héraultaise, contrairement à certaines éditions précédentes.

Cette nouvelle édition du « Karnaval des gueux » aura été particulièrement calme, mardi soir, à Montpellier, dans l’Hérault. Festive, mais calme. Interdit par la mairie et la préfecture, qui ont publié deux arrêtés, cet événement, qui n’était au départ qu’un carnaval occitan, avait été le théâtre, ces dernières années, de multiples dégradations dans le centre-ville, et de heurts, parfois violents, entre participants et forces de l'ordre.

Selon la préfecture, parmi les 200 à 300 personnes qui ont bravé l’interdiction de se rassembler, 6 ont été interpellées dans la soirée : 3 pour « ivresse sur la voie publique », 2 pour « détention de stupéfiants », et 1 pour « outrage ». Trente-sept ont également été verbalisées pour « participation à une manifestation interdite ». Aucun blessé ni aucune dégradation ne sont à déplorer dans l’Ecusson.

« Cela a été très bien encadré »

« Ça s’est très bien déroulé parce qu’il y avait une forte présence de policiers et de gendarmes, cela a été très bien encadré, souligne Joseph Galera, policier et porte-parole du syndicat Alliance Police Nationale à Montpellier. Et les gens se sont sans doute rendu compte qu’il valait mieux ne pas y aller. Les années précédentes, ceux qui ont commis des dégradations et des violences envers les collègues ont été poursuivis. »

Un participant, joint par 20 Minutes, regrette de son côté une telle présence policière, qui aurait quelque peu gâché la fête, mardi soir. « Il y a eu un début de carnaval assez sympathique au Peyrou, avec des batucadas, des gens déguisés, une très bonne ambiance, puis la police est arrivée », décrit-il. Le carnaval s’est déplacé, puis il s’est fait « nasser, bloquer par la police de chaque côté. L’un de nos camarades s’est pris 135 € d’amende, alors qu’il regardait de loin. Il n’était même pas déguisé ».

Au cours de la soirée, les forces de l’ordre ont en effet encerclé les derniers participants, qui ont continué à danser, avant que le Karnaval des gueux ne s’achève. Pour le jeune homme que nous avons interrogé, c’est « scandaleux ». « On a l’impression que tout ce qui n’est pas officiel est interdit, confie-t-il. Le Karnaval des gueux est une tradition spontanée, bon enfant, organisée sans les institutions. C’est ça qui dérange, cette spontanéité. » Quant aux débordements des années précédentes, le jeune homme l’assure : ce furent des événements « annexes », en marge du défilé.