Montpellier : Les vols de vélo sont « un véritable fléau »

BICYCLETTE Selon les services de police, près de 1.500 vélos ont été volés en 2019

Nicolas Bonzom

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Un vélo dont la roue avant a été volée, à Montpellier (illustration)
Un vélo dont la roue avant a été volée, à Montpellier (illustration) — Nicolas Bonzom / Maxele Presse
  • A Montpellier, les vols de vélos sont « un véritable fléau », pour Nicolas Le Moigne, de l’association Vélocité, qui promeut l’usage des bicyclettes dans la capitale de l’Hérault.
  • Nombreux sont les habitants qui se sont fait dérober leur monture, une… voire plusieurs fois : près de 1.500 vols ont eu lieu en 2019, indiquent les services de police.
  • On peut s’en prémunir, en sécurisant ou en faisant graver sa bicyclette.

A Montpellier, rares sont les amoureux de la petite reine qui n’ont jamais été victimes du vol de leur bicyclette. Plusieurs fois même, pour certains. « Deux vélos volés en sept ans, et à chaque fois dans des lieux publics, malgré l’antivol, gronde Laurence, une internaute qui a répondu à notre appel à témoignages sur la page Facebook de 20 Minutes Montpellier. Le dernier, c’était sur les emplacements vélo à l’entrée du Polygone [un centre commercial du centre-ville], donc caméra ! Plaintes déposées, aucun n’a été retrouvé. Du coup, je continue, mais avec un antivol plus conséquent. »

« C’est un véritable fléau, gronde Nicolas Le Moigne, de l’association Vélocité, qui promeut l’usage du vélo à Montpellier. Je me suis fait voler le mien il y a un mois. »

Près de 1.500 vélos volés en 2019

Selon les premiers résultats dévoilés par le Baromètre des villes cyclables​, les vols sont l’un des principaux problèmes rencontrés par les usagers dans la capitale de l’Hérault, très loin devant la sécurité en centre-ville ou le réseau des pistes cyclables. En 2019, selon les chiffres communiqués par les services de police à 20 Minutes, 1.262 vols de bicyclette ont été constatés, et 27 élucidés. A ceux-là s’ajoutent 150 vols de vélos électriques, dont seuls deux ont été élucidés. Mais ce n’est sans doute qu’une part de la réalité : nombreux sont les Montpelliérains qui ne déposent jamais plainte.

« Pour lutter contre les vols, il y a deux leviers d’action, reprend Nicolas Le Moigne, de l’association Vélocité. D’abord, la pédagogie. Un vélo bien accroché, il ne disparaît pas. Il faut un "U", il faut l’accrocher à un point fixe, et que les deux roues du vélo soient bien sécurisées. Ensuite, il faut agir sur les aménagements urbains. Car les infrastructures, ce ne sont pas uniquement des pistes cyclables. Il faut des endroits pour garer son vélo : augmenter le nombre d’arceaux, avec un meilleur maillage de la ville, et proposer aux usagers des box sécurisés ou des parkings en sous-sol, par exemple. »

La solution du gravage

Si les vélos volés récupérés par les services de police sont mis en fourrière ou envoyés à la casse s’ils sont trop détériorés, ceux qui sont identifiés sont rendus à leurs propriétaires, indiquent les services de police. Pour que l’identification soit plus simple, au Vieux biclou, on promeut une solution qui fait de plus en plus d’adeptes : le gravage des vélos. En 2019, près de 300 cyclistes ont eu recours à cette méthode via cette association du quartier des Beaux-Arts. Grâce à une machine spéciale, un numéro est gravé sur la bicyclette. Une fois inscrit sur une plateforme nationale (Bicycode), le propriétaire du vélo peut être retrouvé par les enquêteurs en cas de vol.

Une séance de gravage de vélo, au Vieux biclou à Montpellier
Une séance de gravage de vélo, au Vieux biclou à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

« C’est également un peu dissuasif, les gens hésitent à voler un vélo gravé », explique Philippe, bénévole au Vieux biclou. Dans cette association, le gravage coûte 10 euros, et 5 euros pour les adhérents. « Je me suis fait voler mon vélo après sept années de bons et loyaux services, confie Sarah, une Montpelliéraine rencontrée dans les locaux de l’association. Je viens d’avoir celui-ci pour mon anniversaire. Je me suis dit que j’allais faire les choses bien, j’ai acheté un bon antivol, et je l’ai fait graver. »