Montpellier : La conférence de Tariq Ramadan dans une mosquée est annulée

JUSTICE L’islamologue, soupçonné de viols, était attendu le 28 décembre à la mosquée Aïcha

N.B.

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Tariq Ramadan, lors d'une conférence en 2016 à Bordeaux
Tariq Ramadan, lors d'une conférence en 2016 à Bordeaux — UGO AMEZ/SIPA

Le 28 décembre, Tariq Ramadan était attendu à la mosquée Aïcha, à Montpellier, où il devait participer à une conférence sur les « épreuves personnelles et collectives ». C’est le journaliste Ian Hamel, correspondant du Point en Suisse, qui a écrit un livre sur Tariq Ramadan, qui avait révélé l'existence de cette conférence.

Ce mercredi après-midi, dans un communiqué, la mosquée de Montpellier a indiqué qu'elle avait décidé d'annuler la conférence. « Un certain nombre d'éléments nouveaux, porté à notre connaissance, nous amène à reconsidérer notre position concernant la tenue de notre conférence, indique sur Facebook l'association Aïcha, qui gère la mosquée. Nous nous rangeons du côté des autorités publiques (...) afin de garantir le cadre paisible et serein dans lequel nous vivons dans notre commune. L'association ne veut en rien créer un quelconque trouble à l'ordre public, et mettra tout en œuvre pour que la sécurité et la sérénité, valeurs chères à notre association, soient de retour. »

Le maire a alerté le préfet

La venue à la mosquée de Montpellier de l’islamologue, soupçonné de viols, avait suscité une vague de protestations ces dernières heures, notamment de la part de certaines figures politiques de la ville. « Tariq Ramadan n’est pas le bienvenu à Montpellier, a tweeté ce mercredi Philippe Saurel [divers gauche], le maire de la ville. Il a été invité dans un lieu privé. J’ai donc alerté monsieur le préfet de l’Hérault sur le désordre public que pourrait engendrer la présence de ce personnage dans notre ville. »

Michaël Delafosse (PS), conseiller municipal d’opposition et candidat aux municipales, trouve « très choquant » que Tariq Ramadan « puisse être invité dans la ville ». « Disons-le clairement, il n’est pas le bienvenu chez nous », indique l’élu. De son côté, le député Patrick Vignal (LREM), candidat aux élections municipales, voit dans la venue de l’islamologue « une insulte à Montpellier et aux femmes victimes de violences ».

Mis en examen pour des viols qu’il conteste, Tariq Ramada, a engagé en septembre une contre-offensive médiatique, avec la publication d’un livre (Devoir de vérité), qui dénonce un « traquenard » et dément toute « emprise » sur ses partenaires sexuelles.