Montpellier : Pourquoi la nouvelle gare de Nîmes va tout changer pour la gare Sud de France

TRAINS L'ouverture de la gare Nîmes-Pont-du-Gard, dimanche, va booster les fréquences des trains dans la gare tant décriée de Montpellier

Nicolas Bonzom

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La gare Sud de France à Montpellier
La gare Sud de France à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Dimanche, ouvre la nouvelle gare Nîmes-Pont-du-Gard, la deuxième gare de Nîmes.
  • L’ouverture va booster les fréquences de trains de Sud de France, à Montpellier.
  • Un gros tiers des trains qui passaient par la gare centrale de Montpellier, Saint-Roch, vont ainsi être rapatriés sur la nouvelle gare. Et ça n’est pas du goût des écologistes.

Dimanche, le premier train entrera à Nîmes-Pont du Gard, la nouvelle gare de Nîmes. Connectée à la gare Nîmes-Centre en huit minutesen TER, l’infrastructure est la touche finale du projet pharaonique de contournement ferroviaire entre Nîmes et Montpellier, qui a la particularité d’accueillir des trains de voyageurs, mais aussi de marchandises.

La gare Nîmes Pont du Gard
La gare Nîmes Pont du Gard - Mathieu Vignaud pour SNCF

Et cette nouvelle gare, qui a coûté 95 millions d’euros, va tout changer… pour la tant décriée gare Sud de France, à Montpellier. Depuis son ouverture en catimini en juillet 2018, ce monstre de béton situé en dehors de la ville est pointé du doigt, notamment parce qu’elle n’accueille que peu de trains. Moins d’une dizaine par jour depuis un an et demi. Si peu que son hall a parfois des allures de désert…

« Hors de question que l’on supprime des trains à Saint-Roch »

Avec l’ouverture de la gare de Nîmes, située sur la même ligne à grande vitesse (LGV), les fréquences seront boostées : 17 TGV et 6 Ouigo passeront chaque jour par la gare Sud de France, à Montpellier, indique la SNCF. Pendant qu’à Saint-Roch, circuleront, outre les TER, 15 TGV, 4 Ouigo et 8 trains Renfe-SNCF. Ainsi, un gros tiers des trains qui passaient jusqu’ici par la gare historique du centre-ville de Montpellier basculeront sur la nouvelle gare, indiquent à 20 Minutes les services de la SNCF.

Et ça, ce n’est pas du goût de Manu Reynaud (EELV), qui demande, depuis l’ouverture de Sud de France, que le centre-ville ne soit pas dépouillé de ses TGV. « C’est une gare supplémentaire, il faut des trains supplémentaires, gronde le militant écologiste, engagé dans la campagne des municipales auprès de Clothilde Ollier (EELV). Si la SNCF veut rajouter des TGV à Sud de France, pourquoi pas. Mais il est hors-de-question que l’on supprime des TGV à Saint-Roch. C’est une gare qui est desservie par les quatre lignes de tramway. Obliger les usagers à aller à Sud de France, c'est un préjudice. » Il faut, en effet, environ 30 à 50 minutes pour rallier les deux gares, en bus et en tramway.

La gare centrale n’est pas saturée

D’autant plus, poursuit Manu Reynaud, que la gare Saint-Roch n’est pas saturée. En effet, dans son dernier rapport sur le sujet paru en mai 2016 (lire ici, page 24), l’Observatoire de la saturation ferroviaire indiquait qu’un seul quai sur six de la gare centrale de Montpellier frôlait le seuil critique, fixé à 60 %, en atteignant un taux d’occupation de 58 %. Les autres affichaient un taux entre 20 et 37 %.

La polémique autour de la gare Sud de France n’est finalement pas près de se tarir. D’autant plus qu’elle n’aura de véritable utilité que lorsque sera prolongée la LGV jusqu’en Espagne. Et le projet, pour l’instant, semble bien incertain.