Montpellier : Un bug informatique va coûter 400.000 euros à la métropole

OUPS Une erreur informatique dans la procédure d'appels d’offres pour la rénovation d’une station d’épuration a conduit au dédommagement des entreprises participantes

Nicolas Bonzom

— 

La station d'épuration Maera à Montpellier
La station d'épuration Maera à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse

C’est une bourde qui coûte cher. La métropole de Montpellier va devoir dédommager les deux entreprises qui ont participé à l’appel d’offres pour l’extension et la modernisation de Maera, sa vieillissante station d’épuration. Chacune sera indemnisée à hauteur de 200.000 euros, soit 400.000 euros au total. La raison ? Un bug.

« Nous avons eu un petit problème administratif, dû à une erreur liée à l’informatique », indique Philippe Saurel​ (divers gauche), le président de la métropole. En juin, en pleine procédure, des informations « confidentielles » avaient ainsi été « par erreur portées sur le fichier collaboratif », dévoilant certaines « analyses » des deux entreprises candidates. Ce qui ne serait pas conforme, a confié l’élu montpelliérain, à la réglementation des appels d’offres. « Je risquerais d’aller au pénal, cela met en jeu ma responsabilité, assure Philippe Saurel. Nous avons préféré choisir la prudence. »

Le maire de Lattes demande la « démission » de Philippe Saurel

L’erreur va retarder la rénovation de l’usine de traitement des eaux. « Un an et demi, un an si on arrive à accélérer », promet le président de la métropole, qui indique qu’il va profiter de ce retard pour améliorer « l’écologie du projet ». L’ouverture de la station d’épuration rénovée serait reportée à 2026, au lieu de fin 2024. Un retard qui tombe mal : depuis des années, la station d’épuration est pointée du doigt. Quand de grosses intempéries s’abattent, il est arrivé que Maera, bien trop petite, déborde et pollue.

La station d'épuration Maera à Montpellier
La station d'épuration Maera à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

Cette mésaventure n’est pas du tout du goût de Cyril Meunier (divers gauche), le maire de Lattes, où se trouve l’usine. L’ancien vice-président de la métropole demande même « la démission » de Philippe Saurel. Pour lui cette erreur aurait pu être réglée autrement qu’en annulant la procédure. « Il n’est plus capable de gérer la métropole, il faut qu’il arrête », confie le maire de Lattes, qui table plutôt sur « trois à cinq ans de retard » sur la rénovation de la station d’épuration. « C’est une catastrophe, les riverains étaient contents, et maintenant, on va continuer à polluer trois à cinq ans de plus. »

Un nouvel appel à candidature sera lancé en mai 2020. Et le coût du projet, qui était initialement de 109 millions d’euros, pourrait, en raison, notamment, des changements dans le cahier des charges, évoluer. Sans doute augmenter.