Montpellier : Récup' et recyclage... Quand les fabricants de jouets se la jouent écolo

TENDANCE « 20 Minutes » a interrogé des entreprises montpelliéraines qui mettent le développement durable au cœur de leurs préoccupations

Nicolas Bonzom

— 

Structure, un jeu fabriqué l'entreprise montpelliéraine Waste is more à partir de plastique recyclé
Structure, un jeu fabriqué l'entreprise montpelliéraine Waste is more à partir de plastique recyclé — Structure
  • Les jouets écolos, c’est tendance ces dernières années.
  • A Montpellier, plusieurs fabricants ont même choisi de mettre la récupération, le recyclage ou les matériaux nobles au cœur de leurs projets.

L’écologie, c’est tendance. Et le marché du jouet n’y échappe pas. Pour Alain Simon, le gérant de la boutique Pomme de Reinette, à Montpellier, dont l’engagement environnemental est « le cheval de bataille depuis 50 ans », l’écologie dans le jouet connaît même « un essor » ces dernières années.

A l’occasion de la Semaine européenne de la réduction des déchets, 20 Minutes a interrogé des fabricants de jouets, qui sont plusieurs dans la capitale de l’Hérault à avoir hissé le développement durable au cœur de leurs préoccupations.

Construire des tas de choses avec des bouchons

Mathieu Collos et Cyril Rheims, qui ont créé l’entreprise Waste is more en 2016, se revendiquent comme une « start-up du recyclage ludique ». Leur premier projet, baptisé Clip-It, a remporté un concours européen de design. « Nous nous sommes demandé comment offrir une seconde vie aux bouchons en plastique, qui sont un vrai problème environnemental, raconte Mathieu Collos. Nous avons inventé une pince, qui permet d’assembler des bouchons entre eux. » Ce jeu de construction, qui permet d’imaginer toutes sortes de véhicules ou de personnages, est un succès : 10 millions de « clips » ont été produits, et le jeu est présent dans 6.000 écoles en France.

View this post on Instagram

Clip it #bot @welovegreen espace #kids

A post shared by Apprendre en s’amusant (@clipit_france) on

Dans chaque grosse boîte, il y a une dizaine de bouchons, récupérés auprès d’une célèbre marque d’eau minérale, qui les cède à Waste is more plutôt que de les jeter.

Et depuis quelques mois, Clip-it a un petit frère. Il s’appelle Structure. Ce jeu propose d’assembler entre elles à l’aide de petites rotules des pièces uniques, fabriquées avec du plastique recyclé. Pour ce nouveau jeu, Mathieu Collos et Cyril Rheims ont de grosses ambitions écologiques. Ils espèrent pouvoir vendre bientôt ces pièces en vrac, comme si l’on achetait des noix dans des magasins bios. En attendant, le jeu de construction est proposé dans des petits sacs en coton, sans aucun packaging superflu.

Récupérer au lieu de jeter, pour s’amuser

L’Héraultais Arnaud Laporte, qui a imaginé le Jeu sans nom, a mis la récupération au cœur de son projet. Primé deux fois au concours Lépine, ce jeu de construction « à l’ancienne » s’articule autour d’une drôle de pièce, « le bloc », un cube fabriqué en plastique recyclable et doté de nombreux trous et rainures. Les enfants vont pouvoir y adapter tout un tas d’éléments qui, d’ordinaire, terminent à la poubelle, comme des bâtonnets de sucettes ou de glaces, des bouchons, des fermoirs d’emballages alimentaires, des élastiques ou des bouts de ficelle, pour créer d’étonnantes catapultes, des hélicoptères ou des bateaux pirates, en y mettant du mouvement.

« Cette pièce est un véritable couteau suisse d’assemblage, explique Arnaud Laporte, qui a breveté son invention, et porte ce projet avec son frère, Johann. On peut tout faire, tout imaginer, et donner une seconde vie à des objets du quotidien. »

Fabriquer avec des matériaux nobles

En termes de jeux écolos, Bioviva fait figure de précurseur. Créée il y a plus de 20 ans par Jean-Thierry Winstel, ancien chroniqueur dans Nulle part ailleurs (Canal +) ou aux Maternelles (France 5), l’entreprise montpelliéraine conçoit des jeux éducatifs fabriqués en France, avec des matériaux nobles. Et ça marche : Bioviva a écoulé plus de 5,5 millions de boîtes de jeux depuis 1996. En 2019, elle vise un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’euros, soit un bond de 280 % par rapport à 2015. Ses jeux de cartes Défis Nature, déclinés sur des tas de thèmes, sont notamment un énorme succès.

« Tous nos jeux sont conçus chez le même imprimeur, dans la Drôme provençale, depuis 1996, confie Jelena Kuhn, de Bioviva. Nous utilisons par exemple du bois et du carton qui provient de forêts gérées durablement, nous ne mettons ni plastique ni pile dans nos jeux, et nous privilégions les formats carrés afin d'éviter les pertes de papier. »

Malgré son engagement environnemental, Bioviva s’engage pour que ses jeux ne soient pas plus chers que ses concurrents. « Nous adaptons les prix au marché, pour qu’ils soient accessibles au plus grand nombre, reprend la représentante de Bioviva. Cela implique de baisser nos marges, car fabriquer en France et utiliser des matières durables ne sont pas les solutions les moins chères. » Et si cette année, Noël était écolo ?