Montpellier : Emplacement, financement… Le futur stade du MHSC toujours en suspens

FOOTBALL A quatre mois des municipales, le débat autour de l'équipement sportif n'en finit pas

Nicolas Bonzom

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Un ballon sur une pelouse (illustration)
Un ballon sur une pelouse (illustration) — Mourad ALLILI/SIPA

Le projet de nouveau stade de football est dans le flou, à Montpellier. 20 Minutes fait le point sur la construction de cet équipement, qui n’en finit pas de faire débat.

Où sera-t-il construit ?

Cette question n’est pas encore tranchée. En début de semaine, le maire et président de la métropole de Montpellier, Philippe Saurel​ (divers gauche), a indiqué les deux nouvelles zones qui pourraient accueillir l’écrin du MHSC. Cet été, l’évolution du Plan d’exposition au bruit de l'aéroport, situé non loin du quartier Cambacérès où le stade devait sortir de terre, a en effet obligé la collectivité à revoir sa copie.

Cette enceinte d’environ 30.000 places pourrait ainsi être construite face au lycée Mendès-France, non loin du site initial. « Ici, on ne peut construire que des bureaux et des équipements publics », souligne l’élu. L’autre secteur envisagé est situé « à la pointe d’Odysseum ». « Les études seront rendues avant Noël, note le maire. J’ai demandé que l’architecte des Bâtiments de France soit associé à la réflexion, car nous sommes à proximité de la Mogère, où un avis est obligatoire. Je souhaite que l’implantation soit définie le plus vite possible. » L’élu penche pour une construction du côté de la Mogère, car, à Odysseum, cela créerait « des problèmes de circulation et d’accessibilité ».

Comment sera-t-il financé ?

Le financement du stade cristallise le débat. Tout le monde n’est en effet pas d’accord sur la solution mixte, avec des fonds publics et privés, proposée par Philippe Saurel.

Michaël Delafosse, le candidat PS, souhaite que ce soit le privé, et uniquement le privé, qui finance le nouveau stade. « Notre priorité est de financer par l’argent du contribuable la ligne 5 du tramway ou les équipements sportifs dans les quartiers », confie le conseiller municipal d’opposition. Alex Larue (LR), le candidat de la droite et du centre, est lui aussi favorable à un financement 100 % privé. « Je ne suis pas convaincu que le fait que la ville ait un droit de veto dans le capital soit une bonne chose, je veux laisser à la famille Nicollin toute latitude dans la gestion », note-t-il. Le député Patrick Vignal (LREM) est du même avis : la collectivité ne doit pas mettre un sou dans le projet. « J'estime que les fonds publics ne doivent pas servir aux affaires privées », confie-t-il.

Olaf Rokvam, en revanche, le candidat du RN, est favorable à un consortium public et privé pour financer le projet, car « cela assure une manne financière pour la collectivité », Toutefois, il ne faut pas que ce soit, confie-t-il, une charge trop importante pour la ville.

Et au fait, le stade sera-t-il vraiment construit un jour ?

Certains ne veulent pas entendre parler d’un nouveau stade de football, et souhaitent que le MHSC continue à fouler la pelouse de la Mosson. « Nous souhaitons que l’on laisse le stade à la Paillade, il y a déjà le tramway, un parking, ce sont des équipements qui ont été payés par les Montpelliérains, confie Clothilde Ollier, la candidate EELV aux municipales. C’est symbolique, et c’est un enjeu social pour le quartier. »