VIDEO. Montpellier : Visite guidée de l’ancienne mairie, qui s’apprête à devenir un hôtel de grand luxe

PATRIMOINE Les travaux de réhabilitation de l’ancien hôtel de ville de Montpellier, de 1816 à 1975, s’achèvent. Hôtel cinq étoiles et restau gastronomique vont ouvrir en plein cœur historique

Jérôme Diesnis

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L'hôtel Richer de Belleval, hôtel de ville de Montpellier jusqu'en 1975, s'apprête à reprendre vie en accueillant le seul hôtel cinq étoiles de Montpellier intra-muros et le restaurant gastronomique des frères Pourcel.
L'hôtel Richer de Belleval, hôtel de ville de Montpellier jusqu'en 1975, s'apprête à reprendre vie en accueillant le seul hôtel cinq étoiles de Montpellier intra-muros et le restaurant gastronomique des frères Pourcel. — Helenis
  • Ancien hôtel particulier, hôtel de ville de 1816 à 1975 puis conseil des Prud’hommes, Richer de Belleval est en cours de réhabilitation.
  • En avril 2020, un restaurant gastronomique – Le Jardin des sens des frères Pourcel – et un hôtel cinq étoiles vont y prendre place.
  • Le promoteur immobilier Helenis – GGL l’avait racheté en 2017. Il y a investi 12 millions d’euros, essentiellement pour sa restauration. Un formidable patrimoine architectural y a été découvert.

Des générations de Montpelliérains s’y sont dit « oui ». De 1816 à 1975 (jusqu’au déplacement de la mairie au Polygone), l’hôtel Richer de Belleval fut l’hôtel de ville de Montpellier. Devenu ensuite le conseil des Prud’hommes, il n’avait plus d’affection depuis 2011.

Le bâtiment s’apprête à renaître de ses cendres pour devenir l’unique hôtel Relais et Châteaux cinq étoiles de la ville intra-muros. Mais aussi le nouveau Jardin des sens des frères Pourcel, ex-chefs triplement étoilés au Guide Michelin. Et la fondation d’art contemporain d’Helenis GGL (avec des œuvres de Jim Dine ou encore de Marlène Mocquet).

Un projet à 12 millions d’euros

Le promoteur immobilier l’a acquis pour 1,1 million en 2017… Une somme à laquelle s’ajoutent 11 millions de travaux de restauration, menés par l’architecte Philippe Prost. « Dont environ 10 % de dépassement, dus aux fresques que nous avons découvertes lors de la restauration du bâtiment, détaille le PDG d’Helenis, Thierry Aznar. Il s’agit d’excellentes surprises en termes artistiques et historiques. Moins bonnes financièrement, car chaque découverte a arrêté le chantier et entraîné des surcoûts. Mais il n’était pas question de les cacher. La valeur de Richer de Belleval, c’est sa valeur artistique. Ces dépassements ne sont pas de nature à nous faire regretter ce que nous avons réalisé. Ici, nous ne sommes pas dans une démarche de rentabilité, mais de prestige. Et de passion, car il en faut beaucoup dans un tel projet. »

Les fresques et les gypses mis à jour seront visibles dans les trois salles du futur Jardin des sens. Plus globalement, de l’escalier monumental à l’ancienne salle des mariages où figurent encore le buste de Marianne et les blasons de la ville, c’est tout un pan de l’histoire de Montpellier qui va reprendre vie. « Il est important que la décoration soit en adéquation avec le bâtiment, détaille Christian Collot, décorateur d’intérieur. Il y a des repères dans un lieu comme celui-ci. Les miroirs anciens, les lustres à pampilles, le parquet, le laiton : pour moi, c’était une évidence. Je mise à fond sur le romantisme. Mais pour briser ce côté classique, j’ai choisi le monochrome dans chaque chambre. Jusqu’au revêtement des mobiliers. »

De 250 à 1.200 euros la nuit

L’ouverture des 20 chambres (de 250 à1.200 euros la nuit), du bar, du restaurant et du bistrot gastronomiques est prévue pour avril 2020. « C’est l’aboutissement de trente ans de carrière, dans un bâtiment dont on a immédiatement ressenti les vibrations, note Jacques Pourcel. Ce n’est pas pour rien que le ministère de la Culture l’a présenté comme le deuxième plus beau projet de rénovation mené en France. »

La renaissance de ce patrimoine, situé place de la Canourgue, doit constituer un appel d’air pour toute l’économie du centre-ville, alors que la riche clientèle sud-asiatique et américaine est ciblée. « Il faut des lieux comme ça pour la dynamisation du centre-ville. On ne peut pas laisser un bâtiment comme celui-ci à l’abandon, sinon il serait rapidement occupé, détérioré et irrécupérable, souligne le maire (DVG) Philippe Saurel. Depuis une quinzaine d’années, ce projet de réhabilitation n’arrivait pas à sortir de terre. Nous sommes arrivés à le conclure. Il était très difficile à réaliser car le bâtiment, dont certaines parties datent du Moyen Âge, était en très mauvais état. »