Inondations dans le Sud : Privés de train, les usagers prennent d'assaut les bus... et les prix explosent

TRANSPORTS L’épisode méditerranéen a conduit la SNCF à suspendre le trafic

Nicolas Bonzom

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Un bus (illustration)
Un bus (illustration) — Caro / Conradi /SIPA
  • Les fortes pluies survenues la semaine dernière ont durement touché les voies ferroviaires dans le Languedoc, et la circulation de trains a été suspendue.
  • Privés de trains, de nombreux voyageurs ont pris d’assaut les offres de bus.
  • Les prix ont augmenté. Selon les compagnies que nous avons contactées, c’est mécanique : c’est parce que les bus sont complets que les tarifs augmentent.

L'épisode méditerranéen survenu mercredi dans le Languedoc et le Roussillon a durement affecté le réseau ferroviaire. En raison de gros dégâts sur les voies, aucun train ne circulera entre Sète et Narbonne, « sans moyen possible de substitution, indique la SNCF. La reprise partielle des circulations est attendue au plus tôt pour le 4 novembre. » La SNCF recommande par ailleurs aux voyageurs devant emprunter les axes Montpellier/Perpignan et Montpellier/Toulouse de reporter leurs déplacements.

Sans trains, de nombreux voyageurs se sont ainsi rabattus sur les offres de bus. Flixbus, par exemple, a constaté, notamment sur l’axe Toulouse/Montpellier, « une demande extrêmement forte pour des départs en dernière minute, en lien direct avec les perturbations du trafic SNCF », indique la compagnie. Tous les cars affichant complet, Flixbus a rajouté des véhicules supplémentaires pour les trajets Toulouse-Montpellier et Montpellier- Toulouse, « soit près de 1.000 sièges en plus jusqu’à la fin des vacances ».

« Nous n’avons pas artificiellement gonflé les prix »

Mauvaise surprise : les prix des trajets en bus ont parfois doublé. Pour aller de Toulouse à Montpellier, d’ordinaire, c’est environ 20 euros. Ce dimanche, en tentant de réserver un billet, on avoisinait les 40 euros. Mais ce n’est en aucun cas, assure Flixbus, une volonté de profiter de la situation. « Nous n’avons pas artificiellement gonflé les prix, indique un porte-parole de la compagnie à 20 Minutes. Les cars sont remplis et les dernières places sont plus chères. » Cette hausse des tarifs devrait d’ailleurs se résorber après l’ajout de bus qui vient d’être annoncé, reprend-on, chez Flixbus : « Ce sont des algorithmes qui guident l’évolution tarifaire. Plus vous rajoutez d’offres, plus le prix baisse. »

Même réponse chez Blablabus, l’offre de bus de Blablacar. « Il s’agit d’une tarification dynamique, indique la compagnie à 20 Minutes. Quand les bus sont complets, il ne reste que les places les plus chères. » Blablabus, en revanche, n’a pas ajouté de liaisons, même si leurs cars sont « très remplis ». « Nous ne mettons pas de bus supplémentaire, car nous construisons une offre qui est complémentaire avec le covoiturage, qui est beaucoup plus efficace pour absorber la forte demande », indique la compagnie.

Pour les usagers privés de train, la solution est aussi publique : si aucun bus supplémentaire n’est prévu, Hérault Transport assure des liaisons régulières entre Montpellier et Béziers, via les lignes 603, 604 et 656, entre Montpellier et Sète, via la ligne 602 et entre Béziers et Agde via la ligne 650 et 660. Et dans ces bus-là, les prix sont fixes.