Journées du patrimoine : Quatre choses que vous ne savez (peut-être) pas sur l'opéra de Montpellier

PATRIMOINE A l'occasion des Journées européennes du patrimoine, «20 Minutes» perce les secrets de l'Opéra Comédie

Nicolas Bonzom

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L'Opéra Comédie à Montpellier
L'Opéra Comédie à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • L’actuel Opéra Comédie n’est pas le premier à Montpellier. Construit en bois et chauffé à la bougie, le bâtiment a brûlé plusieurs fois depuis le XVIIIe siècle.
  • Au XIXe siècle, il sera d’ailleurs l’un des premiers bâtiments de la ville à être électrifié.
  • Le bâtiment abrite depuis 30 ans la véritable statue des Trois-Grâces.

L'Opéra Comédie est l’un des joyaux du patrimoine montpelliérain. Ce temple du lyrique et de la musique classique, qui s’ouvre ces dernières années à la culture pop (avec le ciné-concert Star Wars le 19 octobre ou le Battle of the year le 25 octobre), cache de nombreux secrets. A l’occasion des Journées européenne du patrimoine, 20 Minutes vous dévoile quatre choses que vous ne connaissez peut-être pas sur cet opéra.

Il a brûlé plusieurs fois

L’actuel Opéra Comédie, qui a fêté l’année dernière ses 130 ans, n’est pas le premier. Le tout premier, inauguré en 1755, a été détérioré par un incendie 30 ans plus tard, avant d’être reconstruit à l’identique. En 1789, le bâtiment est à nouveau victime d’un feu.

Enfin, en 1881, tandis que vient de s’achever une représentation d’Hamlet, de William Shakespeare, un nouvel incendie détruit cette fois-ci totalement le théâtre municipal, dont il ne restera que des ruines. « A l’époque, les bâtiments étaient en bois, et chauffés à la bougie », indique Barbara Derathé, chanteuse lyrique et guide à l’Opéra Comédie. Ce qui explique, sans doute, ces sinistres à répétition. L’édifice que les Montpelliérains connaissent aujourd’hui sur la place de la Comédie sera inauguré en 1888.

L'Opéra Comédie à Montpellier
L'Opéra Comédie à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

Il est l’un des premiers bâtiments de la ville à être électrifié

Pour éviter que l’Opéra Comédie ne parte une nouvelle fois en fumée, « il sera l’un des premiers édifices de Montpellier à bénéficier de l’électricité », reprend Barbara Derathé.

Le conseil municipal optera pour un système de production de lumière par moteurs à air comprimé, qui équipe déjà des théâtres ou des cafés parisiens. « Une usine produisant de l’air comprimé à partir d’une machine à vapeur est implantée impasse du Jeu-de-Ballon afin d’alimenter les 239 lampes installées dans le théâtre, peut-on lire dans un article des Archives municipales. Séduite par cette nouvelle forme d’énergie, la commune décidera de l’étendre aux rues avoisinantes, puis à la ville entière. »

Il abrite les vraies Trois-Grâces

La très photogénique statue des Trois-Grâces, installée sur la Comédie, n’est pas la réalisation originale attribuée au sculpteur Étienne Dantoine. La véritable représentation des filles de Zeus, Aglaé, Euphrosine et Thalie, déesses de la mythologie grecque, est abritée dans le hall de l’Opéra Comédie. « Elles ont été placées là il y a 30 ans pour les protéger, reprend Barbara Derathé. Sur la place de la Comédie, ce sont des copies. »

La véritable statue des Trois-Grâces à l'Opéra Comédie à Montpellier
La véritable statue des Trois-Grâces à l'Opéra Comédie à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

Il cache un lustre unique en son genre

L’immense lustre en cristal suspendu au-dessus des spectateurs, dans la salle principale de l’Opéra Comédie, mesure environ 8 m de haut pour 6 m d’envergure. Quand vient l’heure de le bichonner ou de changer les quelque 300 lampes qui le composent, deux fois par an, les techniciens ne le ramènent pas au sol, mais le hissent vers le dôme.

« Nous ouvrons le dôme, qui est constitué de deux morceaux, le lustre passe par un grand trou béant, et s’emboîte dans un échafaudage qui a été imaginé spécialement pour lui, il y a 130 ans, confie Gabriel Helayel, le directeur technique de l’Opéra Comédie. Nous pouvons ainsi accéder au lustre, sur trois niveaux différents. »