Hérault: «C'est un travail bousillé», confie un vigneron dont le raisin a «grillé» avec la canicule

VITICULTURE Dans le sud de la France, des vignobles entiers ont été dévastés par les fortes chaleurs  

Nicolas Bonzom

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Dans cette vigne à Fabrègues, même les feuilles ont séché sous le soleil.
Dans cette vigne à Fabrègues, même les feuilles ont séché sous le soleil. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Dans l’Hérault, comme dans d’autres départements de l’ex-Languedoc-Roussillon, des vignes entières ont été grillées par les fortes chaleurs de ces derniers jours.
  • « C’est la première fois que l’on voit ça », confie Arnaud Boutonnet, à Fabrègues.
  • Une cellule de crise a été mise en place, et des mesures d’urgence devraient suivre.

Dans l'Hérault, la canicule a été particulièrement dévastatrice pour l’agriculture. Des pommiers et des abricotiers ont été ravagés, des élevages de volailles décimés. Mais c’est surtout la vigne qui a souffert. Dans le département, le recensement des dégâts grossit d’heure en heure depuis vendredi. Plus d’un tiers du vignoble a souffert d’est en ouest, des milliers d’hectares, selon la Chambre d’agriculture.

Les raisins ont grillé, comme « brûlés au chalumeau », les feuilles ont séché sous le soleil. Arnaud Boutonnet, qui exploite avec son frère 100 hectares de vignes à Fabrègues, près de Montpellier, a constaté l’ampleur des dégâts sur son domaine samedi matin, au lendemain d’une journée où le mercure a dépassé les 45°C.

Environ un tiers du vignoble a été touché dans l'Hérault
Environ un tiers du vignoble a été touché dans l'Hérault - N. Bonzom / Maxele Presse
Les raisins ont complètement grillé dans certaines vignes.
Les raisins ont complètement grillé dans certaines vignes. - N. Bonzom / Maxele Presse

« Ça fait mal au cœur »

Sur une quarantaine d’hectares, les grappes ont brûlé sous le soleil. A la fin de l’été, la machine à vendanger ne passera pas par ici, les raisins sont « inutilisables ». « C’est la première fois que l’on voit ça, confie le jeune vigneron. C’est un travail bousillé, ça fait mal au cœur. Voilà trois ans d’affilée que l’on a des problèmes liés au climat dans nos vignes. Il y a deux ans, nous avons eu 40 hectares touchés par le gel. L’année dernière, la grêle. Et cette année, le coup de chaud. Cela commence à faire mal. Ça fait six ans que l’on a repris le domaine, à force, si on n’a pas d’aide, on ne s’en sortira plus. »

« En deux heures, ça a grillé comme si c’était passé au lance-flammes, témoigne Bruno Calmette, lui aussi vigneron et président de la cave coopérative de Cournonsec. Les feuilles, séchées, ne nourriront plus la souche. On attend de voir comme cela va repartir. Ça va faire une perte importante pour les vignerons, et pour la cave coopérative. »

Une étude à Sup Agro et à l’Inra

Une cellule de crise a été mise en place, et un numéro vert est disponible pour les agriculteurs dont les exploitations ont souffert de la canicule : le 04 67 20 88 17.

Les assurances devraient faire leur travail pour les agriculteurs qui y ont souscrit, et d’autres mesures d’aide d’urgence devraient suivre. Par ailleurs, une étude va être lancée à l’école Sup Agro et au laboratoire de l’Inra, à Montpellier, pour comprendre ce qu’il s’est passé. Et définir ce que l’on peut faire pour que cela ne se reproduise plus.

Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, est attendu dans les prochains jours dans le Gard, qui a aussi souffert de la canicule, pour constater l’ampleur de la catastrophe.