VIDEO. Manifestations du 1er-Mai : A Montpellier, les «gilets jaunes» ont éclipsé les syndicats, non sans tensions

MANIFESTATION Les «gilets jaunes» ont pris la tête du cortège, ce mercredi matin

Nicolas Bonzom

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Les gilets jaunes étaient en tête de cortège, ce mercredi à Montpellier.
Les gilets jaunes étaient en tête de cortège, ce mercredi à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Entre 3.000 et 4.000 personnes ont défilé à Montpellier, ce mercredi matin.
  • Les «gilets jaunes» ont pris la tête du cortège, ce qui a créé quelques tensions avec les syndicats, qui ont été quelque peu éclipsés.
  • Le défilé s’est déroulé sans aucune violence ni dégât.

Ce 1er-Mai n’était pas un 1er-Mai comme les autres. A Montpellier, la traditionnelle manifestation a même tourné au vaudeville, entre les syndicats, qui avaient déclaré le tracé en préfecture, et les « gilets jaunes », venus se greffer au cortège. Une illustration de l’incompréhension qui semble régner entre les uns et les autres.

Tandis que les manifestants s’apprêtaient à s’élancer, les « gilets jaunes » venus des quatre coins de l’Hérault ont pris spontanément la tête du cortège, avant de se diriger vers le Jeu-de-Paume, au rythme de chants anti-Macron que l’on entend d’ordinaire le samedi. Les syndicats, relégués un peu plus loin, sont restés étonnamment immobiles.

« Laissez passer le camion de la CGT ! »

Sans leurs « camarades » syndicalistes, les « gilets jaunes » ont finalement rebroussé chemin. « Libérez la CGT, libérez la CGT », scandaient certains d’entre eux, avant qu’un homme, se posant en médiateur, demande au mégaphone que l’on « laisse passer devant le camion de la CGT ». « Sinon, on ne pourra jamais démarrer », déplore-t-il.

« Non ! On fait la manifestation, on s’en moque ! », s’emporte un « gilet jaune », impatient de battre le pavé. « On ne les laisse pas passer, gronde un autre, interrogé par 20 Minutes. Ça fait 60 ans que les syndicats ne font rien. Alors, on avance ! » A 11 h, avec une heure de retard sur l’horaire prévu, le cortège du 1er-Mai a finalement filé vers la place de la Comédie. Les « gilets jaunes » avaient gagné leur bras de fer.

« D’habitude, on est devant, oui »

« Le mouvement dure depuis cinq mois, les syndicats, on ne peut pas dire qu’ils sont vraiment avec nous, confie l’un d’eux. On a voulu être en tête. Ça a un peu clashé au début, mais ça va. Ça bouge les lignes, mais si on n’avait pas été là, il n’y aurait pas eu grand monde. Avec les syndicalistes, on est dans le même combat, on peut se réunir. C’est au niveau de leurs responsables qu’il faut que ça bouge. » « Syndicats et "gilets jaunes", nous luttons pour la même chose », confie Patrick, un « gilet jaune » d’Agde.

Un homme, qui ne porte ni gilet jaune, ni autocollant d’un syndicat, s’interroge, en pointant du doigt le fossé qui se creuse, à l’arrivée aux halles Laissac, entre le cortège des « gilets jaunes » et celui des syndicats. « Il y a d’un côté les bons, et de l’autre les mauvais manifestants ?, se demande-t-il. Moi, ça me donne envie de partir. »

« Ils font comme ils le veulent »

Sylvia Meli, secrétaire générale de la CGT de l’Hérault, analyse cette situation avec philosophie. « Les contacts que nous avons avec les "gilets jaunes" se passent très bien, indique la militante syndicale. D’habitude, on est devant, oui. D’autres personnes ont voulu dépasser le camion, ils font comme ils le veulent, on n’est pas la police. »

Après un claping sur la place de la Comédie, les « gilets jaunes », qui avaient véritablement pris le pas sur la manifestation ce mercredi matin, ont repris le chemin du Peyrou. S’ils ont fait face quelques minutes aux forces de l’ordre qui barraient l’accès à la préfecture, sur la place des Martyrs de la Résistance, il n’y a aucune violence. Entre 3.000 et 4.000 personnes ont marché dans les rues de Montpellier, ce mercredi matin. L'année dernière, on dénombrait entre 2.500 et 3.000 manifestants.