Montpellier: Les chariots solidaires de Monsieur BMX s’encastrent sur les murs des grandes villes

SOLIDARITE L'artiste montpelliérain a eu l'idée de ce dispositif pour aider ceux qui en ont besoin

Nicolas Bonzom

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Le chariot solidaire de Monsieur BMX installé à Antigone, à Montpellier.
Le chariot solidaire de Monsieur BMX installé à Antigone, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • A Montpellier,​ tout le monde connaît le travail de Monsieur BMX. Depuis des années, cet artiste urbain fixe des moitiés de bicyclettes sur les murs de la ville.
  • Le Montpelliérain a pris un tournant solidaire depuis quelques années. Il fixe sur les murs des villes des chariots, à remplir de victuailles pour ceux qui en ont besoin.
  • L’artiste a connu quelques déboires avec son projet. A Alès, il a été arrêté par la police. A Paris, le chariot solidaire a fini par être enlevé.

A Montpellier,​ tout le monde connaît le travail de Monsieur BMX. Depuis des années, cet artiste urbain fixe des moitiés de bicyclettes sur les murs de la ville, mais aussi dans de grandes capitales, en France et dans le monde. Comme les aliens en mosaïque, les mini-vélos encastrés dans les murs de Monsieur BMX, qui rêvait plus jeune d’être champion de BMX, font partie, depuis 2012, du paysage montpelliérain.

Aujourd’hui, le Montpelliérain a pris un tournant solidaire. Il fixe sur les murs des villes des chariots, à remplir de victuailles pour ceux qui en ont besoin. « J’ai été chef d’un supermarché dans le hard-discount, et voir tous ces kilos de nourriture que l’on jetait chaque jour, ça me révoltait, se souvient Monsieur BMX. J’ai toujours voulu faire quelque chose. C’est parti de là. Ces chariots, c’est un peu la société de consommation, poussée à l’extrême, qui va droit dans le mur. » A Montpellier, le chariot d’Antigone tourne à plein régime. Certains y mettent des légumes, des biscuits, mais pas seulement.

A Paris, le chariot a été retiré

« J’y suis passé par hasard il y a quelques jours, il avait une paire de chaussures, reprend l’artiste montpelliérain. Un quart d’heure après, elle n’y était plus. Un autre jour, une dame y a déposé une vingtaine de livres, j’ai trouvé ça génial. »

Si à Montpellier, les habitants ont adopté le concept, Monsieur BMX a tout de même connu quelques déboires avec son projet. A Alès (Gard), il a été arrêté par les policiers alors qu’il fixait le chariot. A Paris, rue de Paradis, il a fini par être enlevé. « Il a servi de poubelle, personne n’a voulu le nettoyer, déplore le Montpelliérain. J’étais un peu déçu. J’essaie désormais de légaliser le concept, avec l’accord de mairies ou de boutiques qui sont prêtes à s’investir, pour que ce soit pérenne. Je passe de l’illégalité à la légalité. »

Ces chariots solidaires ont tapé dans l’œil d’une association de Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’Observatoire du partage, qui a soumis l’idée à la mairie. « Ces chariots entrent dans les valeurs que nous défendons. Nous essayons de faire comprendre à tout le monde que le partage et l’entraide nous mèneront plus loin que l’individualisme », confie Cathy Lamri, chef de projet sur les Routes du partage, un événement qui mettra en place, les 18 et 19 mai, des « gratiferias », des zones de dons. L’association espère inaugurer le chariot de Monsieur BMX, à l’occasion de cet événement.